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Alerte: PRÈS D’ASSINIE, LE ROYAUME DE MAMIE WATTA SE MEURT

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Alerte: PRÈS D’ASSINIE, LE ROYAUME DE MAMIE WATTA SE MEURT

Un investissement qui risque de ne pas profiter à une population de plus en plus en proie à la pauvreté; encore moins, à leur environnement naturel qui se dégrade de jour en jour. De 2000 à 2003, l’ambassade du Royaume Uni en Côte d’Ivoire et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont initié et conduit le projet : «Îles Ehotilé» pour un coût global de 117 862 500 FCFA.

Objectif visé: permettre la préservation de la biodiversité du Parc national des îles Ehotilé (PNIE), à travers une approche de gestion communautaire des ressources naturelles et de contribuer à la régénération de l’écosystème. Avec des retombées exclusivement au profit des populations vivant autour du PNIE.

Tout, ici, est un véritable patrimoine national à nul autre pareil; avec cent-vingt-huit (128) espèces d'oiseaux réparties en 35 familles, pour la plupart des espèces aquatiques auxquelles s'ajoutent, en saison sèche, des espèces migratrices. Des mammifères traditionnellement issus de la forêt (céphalophes, potamochères, etc.), une importante colonie de chauve-souris, des roussettes des palmiers, réincarnations des parents disparus, selon les populations des Îles Ehotilé, près d'Assinie dans la région du Sud-Comoé. Les vendeurs de destinations touristiques, d’exotisme auraient dit: "Au Royaume de Mamie Watta", la Sirène des eaux; en référence aux lamantins, ces mammifères aquatiques à l’apparence humaine vivant dans nos eaux côtières, et qui ont donné naissance à cette légende que partagent les populations lagunaires.

Aujourd’hui, cet habitat naturel, cet archipel de 550 ha constituant les Îles Ehotilé, où cohabitait jusque harmonieusement toute cette faune est en proie à des agressions, de la part d’une population estimée à 32 103 habitants répartie entre 21 villages (32 % de la population totale du département d’Adiaké); du fait de la pauvreté, selon de récentes études socio-économiques.

De fait, le Parc National des îles Ehotilé (PNIE) fait partie du système lagunaire Aby dans le département d’Adiaké. Sa végétation est principalement caractérisée par les mangroves et les forêts marécageuses; qui en font une importante zone nourricière pour les poissons et les crustacés. Aussi, le parc abrite-t-il encore d’innombrables espèces de mammifères sauvages et d’oiseaux migrateurs. Dans cet écosystème, le Pr Assi Aké, de l’Université de Cocody y a recensé 212 espèces de flore, dont 38 sont classées rares et menacées d’extinction. Toutes choses qui, à l'initiative des communautés locales, ont amené l’Etat ivoirien à en faire une aire protégée en avril 1974. Un statut en dépit duquel certaines de ses zones continuent de subir une véritable dégradation du fait des actions humaines. Une situation due à l’existence de plusieurs villages (on en dénombre neuf (9): Akounoungbé, Etuéboué, Epelmlan, N'Galwa, Abiaty, Etuessika, Assomlan, Melekoukro, M'Braty et Vitré 1 et vitré 2) et sites de pêche autour du parc.

Conséquence, les moyens de subsistance actuels de ces populations riveraines proviennent essentiellement de la pêche dans la lagune. Les hommes s’investissent traditionnellement dans la pêche, pendant que les femmes, elles, s’occupent de la transformation et de la commercialisation des produits halieutiques. A ces importants prélèvements s’ajoute la grande demande en bois qui a pratiquement dépouillé certains villages de toute végétation boisée; entraînant du coup une exploitation du bois se trouvant dans le parc. Ici, l’agriculture se pratique également et repose principalement sur les plantations de cacao, de palmier à l’huile et d’ananas au nord et à l’est et sur la culture du riz à l’ouest du site précité.

C’est donc après cette analyse situationnelle de ces différents problèmes menaçant ce parc que l’Ambassade du Royaume Uni en Côte d’Ivoire et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont initié et conduit le projet: «Îles Ehotilé» de 2000 à 2003, pour un coût global de 117 862 500 FCFA. L’objectif général de ce plan est de permettre la préservation de la biodiversité du Parc National des Îles Ehotilé (PNIE) à travers une approche de gestion communautaire des ressources naturelles. Ce qui devrait contribuer à la régénération de l’écosystème; avec des retombées au profit des populations vivant autour du PNIE qui vivent en grande partie dans la pauvreté, selon de récentes études socio-économiques.

En dépit de l’appauvrissement des ressources halieutiques dans les eaux de la lagune Aby, qui se traduit par le fait que ces populations n’arrivent plus à capturer suffisamment de poisson et autres fruits de pêche, et surtout affectés par le fort taux de chômage, les femmes habitant les villages riverains du Parc National des Ehotilé n’arrivent malheureusement pas à se prendre à charge au sein de groupements féminins de commerçantes, voire en groupements associatifs, à la différence de celles des autres régions de la Côte d’Ivoire. Aussi, le "Projet Îles Ehotilé» entendait-il venir en appui à plusieurs groupes, en particulier les jeunes et les femmes.

Pour la jeunesse, ce projet visait à renforcer les capacités de gestion en agroforesterie, en vue de leur permettre de se procurer régulièrement une quantité de bois nécessaires à une exploitation économique. A cela s’ajoutait la formation et l’emploi des jeunes pour faire des travaux autour ou à l’intérieur du parc en vue de promouvoir le tourisme. En outre, le "Projet Îles Ehotilé» prévoyait d’autres avantages à l’endroit des villages et des communautés sous forme de microprojets financés (pisciculture, petit élevage, culture maraîchère) à partir du partage des revenus qui devraient être utilisés pour l’amélioration des prestations au profit des communautés.

Pour ce faire, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a mené plusieurs actions en faveur des populations riveraines ; lesquelles actions ont abouti à l’élaboration d’un plan de gestion du tourisme et d’une stratégie de commercialisation en concertation avec les principaux acteurs. De surcroît, la protection des ressources naturelles du parc a nécessité la mise en place, par le WWF, de l’Associations villageoises pour la gestion des ressources naturelles (Avigren) au niveau de chacun des villages Ehotilé et Essouman, soit 11 villages.

Soucieuses de tirer avantage de leur union, de leur force, les différentes "Avigren" se sont rapprochées, pour créer le 24 décembre 2003 à Adiaké, la fédération des "Avigren" du département d’Adiaké. Se définissant comme une organisation apolitique, non syndicale et regroupant des membres sans tenir compte de leur appartenance de religieuse, la fédération des "Avigren" s’est donné pour objectifs de f aire des cantons Ehotilé et Essouman des sites touristiques tout en protégeant l’environnement.

A travers cette fédération, ces jeunes entendaient ainsi participer au développement de leur département par l’exécution de projets sociaux et par leur contribution à la gestion des ressources naturelles. Par ailleurs, la fédération des "Avigren" du département d’Adiaké s’est assignée de créer une atmosphère amicale et conviviale, tout en aidant les membres de cette fédération à connaître leurs droits et devoirs; tout cela dans l’objectif final de sensibiliser aussi bien les membres que les populations villageoises à ne plus chasser dans le parc et de lutter contre la pauvreté à travers des activités rémunératrices.

Malgré des efforts communs de surveillance et de protection, le parc continue d’être agressé à travers le braconnage, la capture des lamantins, la coupe des mangroves et la pêche par les moyens des toxiques…Au nez et à la barbe des "Avigren" et des Equipes villageoises d’aide à la surveillance et à la sensibilisation (EVAS ) qui sont non seulement démunies en matériels de travail (imperméables, bottes, torches, pirogues) mais souffrent également du fait que ces structures ne détiennent aucun document de reconnaissance officielle leur conférant, ne serait-ce qu’une petite autorité dans la lutte contre les agressions subies par le Parc national des Îles Ehotilé. Ajouté à cela le manque de rémunération, le "Projet Îles Ehotilé" ressemble à coup d’épée dans l’eau; vu que les jeunes s’étant engagés dans ces différentes structures souffrent du manque de motivation. Du coup, les actions des EVAS et des AVIGREN ont pris du plomb dans l’aile, l’engouement des premiers moments du projet ayant fait place à une démobilisation. Ce qui se ressent d’ailleurs considérablement sur la pérennité des microprojets mis en place. L’espoir n’est toutefois pas perdu, puisqu’au sein des EVAS et des AVIGREN, les jeunes souhaitent vivement que de nouveaux projets viennent relancer le projet de sauvegarde du Parc national des Îles Ehotilé, ce patrimoine national à nul autre pareil.


DEMBELE Arouna

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