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Les animaux déambulent allègrement dans les rues et entre les maisons d’habitation

Curiosités: NON LOIN DE TENGRELA, DÉBÉTÉ, LA CITÉ QUI ÉTAIT DÉPOURVUE DE NATTES

 

Tengrela fait jusque-là partie du célèbre circuit touristique du nord, dit «Circuit sénoufo». Qui couvre l’ex-région des savanes (Korhogo, Ferké, Boundiali et Tengrela). C’est une ville encore sous-urbanisée. Ce qui lui donne tout son pittoresque.

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  • Renée Blassonny
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Une vue partielle du village de Biankouma, avec les cases rondes au milieu des maisons rectangulaires (Photo : Sigui Aude Martinez)

Autour du sacré : BIANKOUMA-VILLAGE ENTRE CASES RONDES ET MAISONS RECTANGULAIRES

«Vous êtes dans le département de Biankouma. Ne manquez pas de visiter le village ancien de Biankouma et ses 7 cases sacrées», Indiquait, par le passé une pancarte à l’entrée de la commune. Aujourd’hui, cette pancarte a disparu. A la faveur des crises et troubles socio-politiques que connait le pays depuis une dizaine d’années.

Signe des temps, le village originel Biankouma ou Biankouma-village, l’un des plus anciens et de plus grands sites touristiques du département du même nom, est menacé à son tour de disparition. Après sa pancarte.

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  • SIGUI Aude Martinez
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La lagune Aby accueille les eaux continentales de plusieurs fleuves et les eaux marines

Croisière: UNE LAGUNE, SIX ÎLES ET DES VESTIGES À DÉCOUVRIR EN PAYS ÉHOTILÉ

Le décor naturel qui a inspiré le célèbre écrivain ivoirien, Amadou Koné, dans l’un des passages du roman "Les frasques d’Ebinto" est la lagune ABY. C’est le lieu où Monique, personnage principal et amie d’Ebinto Manzan, trouva la mort dans une noyade; en partance pour Akounougbé, après une réconciliation entre les deux jeunes amoureux.

 

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  • DEMBÉLÉ Arouna
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Les membres du

Visite guidée : LE LYCÉE CLASSIQUE D’ABIDJAN À LA DÉCOUVERTE DE "CÔTE D’IVOIRE TOURISME"

C’est tout jeune que naissent les vocations chez certains. Aussi, afin de permettre aux membres du Club Tourisme du Lycée classique d’Abidjan de mieux cerner leur centre d’intérêt, cette association a organisé une visite guidée au siège de Côte d’Ivoire Tourisme sis à l’immeuble ex-EECI (Place de la République) à Abidjan Plateau. C’était le mercredi 20 février dernier.

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  • Charles MAGNE
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Diby, la case qui produit le brouillard

Authenticité : NIOFOIN, LA VILLE-VILLAGE AUX MONUMENTS SACRÉS

Niofoin: un village ou une ville ? Non, on ne vous soumet pas à un petit jeu de devinette.  Vous qui n’avez peut-être jamais encore mis les pieds dans cette localité située à une soixantaine de kilomètres de la capitale de la région du Poro, sur l’axe Korhogo-Boundiali.

La question, nous nous la posons nous-mêmes; tout en sachant que cette localité, en tant que commune et chef-lieu de sous-préfecture, figure bel et bien sur la liste des villes de Côte d’Ivoire.



Un fait: Niofoin n’a jamais voulu ou pu se défaire de l’image et des caractéristiques du petit village qu’il était avant d’être érigé, en décembre 1969, chef-lieu de sous-préfecture. On peut donc dire, simplement, pour couper la poire en deux, que Niofoin est une ville-village. Une communauté semi-urbaine (ou encore semi-rurale) qui, à bien des égards, fait plus village, que centre urbain.

Mais, au-delà de ces considérations, allons à la découverte de ce qui fait l’authenticité, la richesse et, pour tout dire, l’âme de cette bourgade située en plein cœur du pays senoufo, entre Korhogo et Boundiali.

Ce qui frappe de prime abord le visiteur et retient son attention, ce sont ces cases rondes, en banco ou terre crue, aux toits de chaume, agglutinées les unes derrière les autres; comme si elles voulaient se mettre ensemble, pour discuter l’espace bâti aux quelques constructions en parpaings agglo sable-ciment dites maisons en dur, sorties terre  il n’y a certainement pas longtemps. Le Ministre Patrick Achi et sa délégation devant une case sacrée immortalisent leur visite de Naboladala

Mais ce qui fait avant tout le charme de la cité de Bêh Yéo, le maire du bled, c’est  Niboladala, le quartier-village originel de Niofoin, avec ses deux cases-monuments sacrées dont la vue impose tout à la fois respect et admiration : Diby et Kalegbin. Ces deux monuments sont d’une « architecture », d’une forme plutôt surprenante ;  à nulle autre pareille. Ils sont flanqués de la place forte du village, le  Kafounda où l’on expose les morts pour le « jugement dernier ».

Le premier monument le Diby (ou fétiche noir) est, à ce que disent les tenants de la tradition, « la case qui a sauvé le village des invasions des ennemis », rapporte l’ex-délégué régional du tourisme à Korhogo, M. Baby René. Le rôle du fétiche qu’elle abrite et dont elle porte le nom, est de faire tomber un brouillard épais pour empêcher l’ennemi de progresser vers le village, en cas de conflit.

De forme conique, taillée en biseau, cette case-monument a la couverture ou toiture la plus fournie, la plus  épaisse et la plus belle du village. Elle  n’a jamais été décoiffée. Toujours bien coiffée, elle reçoit, au contraire, régulièrement chaque année une  tresse supplémentaire de chaume. 

La case du fétiche noir bénéficie d’un privilège : elle doit être chaque année la première à recevoir sa couverture de paille, avant qu’il ne soit autorisé à tout habitant du village de mettre une nouvelle couverture sur toute autre case. Le nombre de couches de couvertures de paille superposées  sur ce monument correspond à son âge. Le Kafounda, la place du jugement dernier.

Les habitants de Niofoin vont régulièrement  confier au fétiche Diby leurs problèmes  de santé et leurs vœux les plus chers. L’animal de sacrifice recommandé  à toute personne qui veut témoigner sa reconnaissance  et sa fidélité au fétiche, après sa guérison ou la réalisation de ses vœux, c’est le plus  fidèle compagnon de l’homme : le chien. C’est cela qui explique la présence, ici, de nombreux colliers pour chiens, disposés en grappes autour du monument-fétiche.

En face de ce premier monument, le visiteur peut découvrir la place forte du village, connue sous le nom de Kafounda. Il s'agit d’un échafaudage de bois construit, au fil des saisons et des ans,  par  les sages; et présentée comme « la place de la justice, du dernier jugement ». Cet autre monument fait penser, à première vue, à un bûcher géant. Il est destiné à recevoir, pour le temps d’une exposition,  les dépouilles  d’une catégorie de personnes, parmi les initiés du village. Les dépouilles sont exposées sur le Kougbègue ou Kougbague (lit mortuaire) en vue du «  grand procès ou  jugement dernier ».

La troisième et dernière curiosité, c’est la case qui abrite le fétiche Kalegbin, lequel est censé protéger la population contre toute épidémie,  tout sortilège, mauvais sort ou malédiction qui pourrait s’abattre sur le village. La case du Kalegbin est flanquée d’un paratonnerre traditionnel dont le rôle est de préserver le village des saisons sèches qui pourraient s’avérer par trop longues et rigoureuses. Ce fétiche aurait, ainsi, le pouvoir de déclencher la pluie. Lorsque  les pluies sont peu abondantes  ou  irrégulières, en saisons pluvieuses, les vieux, rapporte-t-on,  font bouillir de l’eau dans un récipient, à l’intérieur d’une case attenant à la case du Kalegbin. L’eau bouillante est ensuite transvasée dans une petite marmite et déposée au flanc  de Kalegbin, jusqu’à ce qu’elle se refroidisse. Ce rituel aiderait à la formation des nuages et à l’ouverture des vannes du ciel, pour laisser tomber la pluie.Le Ministre Patick Achi et sa délégation posent devant le kafounda. C'était en septembre 2007

Ce sont ces croyances, profondément ancrées dans la tradition, et tous ces monuments, tout aussi soigneusement conservés, qui font l’attrait et  le charme discret de Niofoin. Des atouts qui, de l’avis de M. Baby René, ne sont pas le fruit du hasard. « C’est, soutient-il,  la ténacité et la volonté de conservation des vieux de Niofoin qui ont valu à la côte d’ivoire  d’abriter sur son sol ce village dont nous sommes tous fiers ». 

Niofoin pourrait donc être une destination touristique de premier plan, dans la région du Poro et en Côte d’Ivoire ; s’il se trouvait un promoteur ou une organisation dynamique pour en faire la promotion. Comme il se doit. 

Ce n’est d’ailleurs pas par un effet du hasard que le réalisateur français, Jean-Jacques Annaud, a choisi, en 1976, Niofoin, comme lieu de tournage de son film, « la victoire en chantant » ; lequel met en scène des colons français face à des colons allemands,  pendant la Première Guerre mondiale, à l’effet de dénoncer leur esprit colonial, belliciste ; et l’absurdité, de surcroît, de transposer « leur » sale guerre hors de son théâtre d’origine.

De même, lors de son passage, en 1992, dans notre pays, feu Michael Jackson avait projeté de tourner une séquence d’un de ses nombreux clips à Niofoin.
C’est dire que, finalement, la ville-village aux monuments sacrés ne laisse pas indifférent.
Depuis le bitumage de l’axe Korhogo-Boundiali, l’accès  de cette bourgade est des plus aisés. Les visiteurs n’ont plus qu’une quinzaine de petits kilomètres de pistes à parcourir, après avoir quitté l’asphalte, pour goûter à ses charmes.    

La population de la circonscription administrative, dont Niofoin est le chef-lieu, est estimée à quelque 26.000 âmes. Elle est composée de Sénoufo, de Djéli, de Malinké et d’une forte concentration de Peulhs, repartis dans 35 villages, sur une superficie d’environ 100 km².

Qui dit mieux, par ici ?




Renée Blassonny
Correspondant régional

  • Renée Blassonny
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