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UN COUTURIER BIEN ENVIABLE

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UN COUTURIER BIEN ENVIABLE

Le seul quartier "Commerce" à Aboisso compte à lui seul pas moins de 207ateliers de couture. Il y a certainement de bonnes raisons pour que ces professionnels de l’art de la coupe et de la confection acceptent de se concentrer dans le périmètre du centre des affaires de cette vile de l’intérieur du pays.

Il est 15h 02 mn, ce jeudi 22 décembre 2011, lorsque nous franchissons le seuil de l’atelier de "Prince couture et broderie", sis au quartier commerce. Nous sommes accueillis, dès l’entrée, par le concert monocorde des tic-tacs, tic-tacs des barres à aiguille qui viennent frapper à cadence régulière les pieds de biche maintenant le tissu, le léger vrombissement des moteurs de machines à coudre ou des brodeuses, puis le crissement à peine audible des paires de ciseaux. Ambiance besogneuse, qui montre qu’ici on y met du sérieux dans l’accomplissement des tâches.

Normal que nos salutations passent inaperçues. C’est donc à peine que le maître des lieux, débordé par ces temps de fête, lève la tête pour nous dévisager et répondre à nos civilités. Nous sollicitons son attention pour un entretien. Après un refus poli et quelques hésitations, Freeman Roland --c’est de lui qu’il s’agit-- finit par accéder à notre requête insistante malgré ses multiples charges. C’est sans s’arrêter de travailler, les yeux rivés sur le bustier qu’il est en train de coudre, que Roland lève un coin de voile sur son histoire avec la couture.

Nous apprendrons que, dans les années 80, il a déjoué le plan de ses parents. Lesquels voulaient le voir exercer le métier de mécanicien auto. C’était sans compter avec le virus de la couture qui avait déjà profondément gagné le cœur de Roland. C’est donc en proie à cette passion, qu’il va déambuler devant la quasi-totalité des ateliers de couture de Libreville, au Gabon. Secrètement, il observe les couturiers à la tâche ; question de s’assurer qu’il va faire le choix qui engagera sa vie professionnelle, sa vie tout court.

Rapidement, Roland est convaincu de son engagement, de sa détermination. Le mariage avec cette profession est scellé le 15 octobre 1989. Il s’en suit une formation de cinq (5) ans dans ce pays de l’Afrique centrale. Il émigre, juste après, en Côte d’Ivoire où, pendant dix (10) ans, il enchaîne de petits contrats dans plusieurs ateliers à Abidjan. Las de cette situation précaire qu’il vit dans la capitale économique, il envisage de s’installer à son propre compte quelque part en province. Ses prospections l’orientent vers la région du Sud-ouest de la Côte d’Ivoire.

Avec ses économies, Freeman Roland s’achète une machine à coudre. Et, prend la décision d’ouvrir un atelier à Aboisso, la "Cité sur le rocher", en 2004. L’homme est tient à relever le défi de sa vie; et surtout à montrer à ses parents qu’on peut réussir dans le métier de la couture.

Dans la "Cité sur le rocher", l’unique machine qu’il possède ne constitue pas un obstacle pour lui. Avec acharnement, il se met à la tâche. Très rapidement, son talent l’impose comme un professionnel dans le milieu de la couture au niveau local, son sérieux dans le respect des rendez-vous le signale et le bouche à oreille font le reste. Les clients se succèdent, et son atelier ne désemplit plus; avec à la clé un niveau de recettes assez confortable. Aujourd'hui, Roland possède douze (12) machines à coudre, dont huit (8) étaient exploitées de manière effective le jour de notre passage.

Aucun modèle, aucun style de tenue aujourd’hui côté auprès de la gent féminine n’a de secret pour son atelier. Si bien que le "Prince couture et broderie" ne désemplit pas. Pendant les périodes fastes, c’est-à-dire, avant les jours de fête, son atelier, nous a-t-il indiqué, confectionne plus de 2OO tenues. Les moments ordinaires, la production de l’atelier oscille entre 72 et 75 tenues. Quand on sait que le prix d’une tenue confectionnée varie entre 5000 à 17000F CFA, l’atelier peut réaliser des recettes substantielles qui, déduites des charges fixes (achat de matériel de travail, entretien, location de l’atelier, entretien, facture d’électricité, taxes municipales, salaires, etc.) permettent à Roland de dégager un revenu substantielle lui permettant même de rivaliser avec la rémunération de certains agents de l'Administration publique. Pour tou dire, certains artisans couturiers n’ont rien à envier aux fonctionnaires.

Pour Freeman Roland, c’est là la preuve que le métier de couturier nourrit honnêtement son homme. Pourvu qu’on l’exerce avec professionnalisme. Rien d’étonnant donc que le seul quartier "Commerce" d’Aboisso compte 207 ateliers de couture. Aussi, Freeman Roland qui ne veut pas s’arrêter en si bon chemin compte-t-il ouvrir, sous peu, à Aboisso, une école de couture à Aboisso. Pour l’heure, le "Prince couture et broderie" encadre 15 jeunes auditeurs, dont un garçon. Pour cette formation axée sur la couture et la broderie dame, chacun de ces auditeurs verse comme frais mensuels de formation, la modique somme de 2 500 F CFA.

 

DADIE Gervais

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