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UNE CHARETTE POUR...3 000 FRANCS LES JEUDIS

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UNE CHARETTE POUR...3 000 FRANCS LES JEUDIS

A Alépé, en plus des charretiers professionnels communément appelés ''wottrotigui'', chargés de transporter des bagages, il y a un groupe d'enfants dont l'âge varie entre 8 et 14 ans qui pratiquent ce métier. Ici, on les appelle les: ''Tanties bagages''. La brouette est leur principal outil de travail. Nous avons fait une incursion dans leur univers.


Jeudi, jour de marché hebdomadaire à Alépé. Toutes les ruelles du marché sont sillonnées par de jeunes enfants munis de brouette ou de charrette. Ils sont à la recherche de ménagères pouvant leur confier des bagages à transporter, tout le temps que dureront les emplettes, puis, peut-être à domicile au son des «Tanties, bagages, Tanties, bagages » qu’ils n’arrêtent de lancer, à tue tête, pour offrir leurs services. D'où cette appellation que les usagers du marché d’Alépé utilisent pour, désormais, désigner cette activité de portage.

Kourouma Koffi Blaise, 13 ans est de ceux là. Après hésitation, il accepte de parler de son activité. «Je loue ma brouette à 500 F. Quand ça marche, je peux gagner 3000 ou 4000 F tous les jeudis''. Blaise nous a même rassuré que ses parents sont informés de cette activité lucrative qu’il mène. Doumbia Cheick, lui a 12 ans et est élève en classe de Cm2. Si l’on se fie à ses dires, ce sont ses parents qui lui ont fourni la brouette avec laquelle il travaille. Ce qui lui permet de réaliser une recette hebdomadaire de 1500 F.

Souvent, pour pouvoir transporter les bagages assez lourds, ces jeunes porteurs sont contraints s'associer à deux ou trois. C'est le cas de Diabaté Lamoussa et ses amis. « Nous nous associons, et le soir, nous nous partageons l’argent gagné » confie-t-il, avec un sourire en coin.

Comment les adultes jugent-ils ces enfants qui ont décidé d'entrer dans la vie active de façon prématurée ? Pour Obonou Akpa, professeur d'anglais au lycée moderne d'Alépé, cette activité est très dangereuse pour ces enfants. Car, soutient-il, cette activité n’est pas faite pour assurer un avenir à ces enfants. Au passage, il ne manque pas d’accuser les parents qui, en laissant leurs enfants mineurs se livrer à cette activité montrent tout simplement qu’ils ont démissionné.

M. Soho Alain, ex-gestionnaire de l'hôpital général d’Alépé, actuellement en fin de cycle à l'Ecole nationale d'administration (ENA), estime pour sa part qu’en travaillant à cet age, les enfants apprennent à se débrouiller seuls. Car argumente t-il, c'est l'école de la vie. Toutefois, il a va dans le même sens que M Obonou pour regretter la démission des parents.

Dame Yapo Edith, commerçante de son état, condamne, elle aussi, l'attitude des femmes qui, pour payer à moindre cout, le transport de leur bagage, confient de lourds bagages à ces jeunes enfants. Elle dénonce donc cette forme d’exploitation, dont l’une des conséquences est ces que ces enfants tombent régulièrement malades.  Elle souhaite donc que des dispositions soient prises pour mettre fin à ce travail prématuré des enfants.


RAVEL Saint-Evrard
Correspondant régional

 

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