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LE LIVRE COMME FRUIT…COMESTIBLE DE LA LECTURE S'IMPOSE

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LE LIVRE COMME FRUIT…COMESTIBLE DE LA LECTURE S'IMPOSE


La lecture désigne l'action de lire, ou encore celle qui consiste à prendre connaissance d'un texte, d'une œuvre en parcourant des yeux ce qui est écrit. Sous cet angle, l'on peut  constater qu'en matière de lecture, les élèves lisent lorsqu'ils apprennent leurs leçons. Les étudiants et leurs professeurs lisent autant, peut-être même un peu plus et arpentent les salles des bibliothèques et des instituts comme l'INADES, le GOETHE Institut et autres bibliothèques dignes de ce nom. Les chiffres de consultations, s'ils existaient, sont-ils à la hauteur de celui des personnes qui devaient continuer à se cultiver, une fois les études terminées ? Combien, après les études, continuent à se cultiver, à lire et à acheter des livres ? Combien d'établissements scolaires, primaires et secondaires, possèdent un embryon de bibliothèques? Combien de Commune ont des bibliothèques et de livres en état d'attrait pour les lecteurs ?

 

Sans prétendre  connaître la Côte d'Ivoire dans ses moindres recoins, ni les citoyens dans les détails du goût pour l'instruction et la culture, le constat apparaît amer. L'écriture semble quelque peu en avance par l'effort dont elle est le fruit, comparée à la lecture qui consiste en une consommation. D'ailleurs ne devait-elle pas  impulser la première ?

Pour s'en convaincre, il suffit de franchir les portes des librairies une fois passée la période de la rentrée scolaire. Il suffit également de compter tout au long d'une année civile tous les événements relatifs aux parutions d'ouvrages, comparés à ceux portant sur les événements discographiques, et encore moins à ceux des premières cinématographiques.

A l'exception des travaux à caractère politique et des biographies des hommes d'Etat, combien de panel du genre de regards croisés comme celui dont a bénéficié [….] le livre de JB AKROU recense-t-on dans les journaux ?

C'est le lieu de saluer les initiateurs et animateurs des rubriques radiodiffusées ou télévisées qui, par semaine révèlent quelques livres aux auditeurs et téléspectateurs. Mais sur la base de 3 émissions hebdomadaires pendant 54 semaines, combien d'œuvres ont une chance d'être portées à la connaissance des lecteurs. Il nous manque une volonté, celle de promouvoir la lecture.

Au terme de ce survol, on peut se demander si, fondamentalement les ivoiriens lisent ou écrivent. En effet, lire signifie pour FRITZ PACHTNER, dans son livre intitulé "Pensez juste pour travailler mieux,  recueillir, rassembler". Cela suppose, pour cet auteur une préparation à la fois psychologique et intellectuelle au moyen de questions. C'est à partir de ces éléments que l'on peut établir des performances.

Quant à l'écriture, elle est, pour le même auteur, un moyen dont dispose l'homme pour agir sur les autres. Des règles simples au moyen des questions existent pour stimuler l'écriture en particulier la formule  HEY ! YOU ! SEE ! SO ? A ces questions, l'on peut ajouter d'autres que l'auteur se pose à lui-même.

Au regard de cette brève analyse, l'on peut déduire que la proportion des personnes scolarisées ou instruites en Côte d'Ivoire qui écrit et lit est faible. Le tirage des œuvres, les chiffres d'affaires des libraires, ceux de fréquentation des bibliothèques en témoigneraient éloquemment s'ils existaient. Dès lors que faire ?

Que faire  pour redynamiser ces deux activités interagissantes ?

Une nouvelle considération: le livre comme fruit de l'écriture et comestible de la lecture s'impose. Le livre moins encombrant et plus durable, c'est-à-dire moins altérable que les œuvres discographiques et cinématographiques, doit être vu comme un compagnon discret, disponible sous plusieurs formats. Bien conservé, il est consultable à souhait. A tous les âges il est un trésor que les adultes nostalgiques aiment revisiter.

Sous cet angle, nous pensons que la vulgarisation des bibliothèques serait un moyen démocratique pour les adultes d'accéder aux ouvrages auxquels ils ont rêvés et dont le coût d'acquisition les mettrait hors de la portée des moins nantis. Il apparaît également nécessaire que les maisons d'édition et de distribution (les librairies) en association s'impliquent dans la promotion des auteurs et de leurs œuvres. Nombreux parmi les éditeurs se contentent de leur marge auprès des auteurs qui publient à leur propre compte, quand les libraires engrangent des pourcentages sur les ventes, sans  participer aux frais de la promotion par les mas médias.

L'auteur, seulement riche de ses idées baisse les bras lorsqu'il doit prendre en charge les communiqués radiodiffusés et télévisés, les frais des invitations, la location des salles, dans le cadre d'une dédicace. Seuls  les auteurs ayant des soutiens politiques y parviennent. Il n'est pas non plus surprenant de rencontrer des personnes nanties qui demandent aux auteurs des exemplaires dédicacés qu'elles ne paient pas en retour. Ce comportement appauvrit les auteurs.

Avec un peu de volonté, les responsables des institutions, les ministres, les élus et autres bienfaiteurs feraient gagner les écrivains et les lecteurs en offrant aux hôtes de marque, aux lauréats scolaires, des exemplaires des livres des auteurs qui ont été primés dans le pays. Ainsi, les auteurs seraient introduits directement et indirectement dans les familles, les écoles, les lieux de travail et les institutions, tout en semant la graine de l'écriture et de la lecture.

Les poursuites judiciaires contre les pirates de tous bords : les enseignants qui reproduisent au moyen des ordinateurs et des photocopieuses, les œuvres d'autrui, contribueraient à endiguer la fraude et à propulser la vente des livres, tout en permettant aux auteurs de vivre quelque peu de leurs efforts.

Dans la perspective de la promotion de l'écriture et de la lecture, il importe de multiplier dans les écoles, et à travers la presse les regards croisés sur les livres parus, en privilégiant les nouveaux auteurs qui souffrent encore de l'anonymat. Une attention désintéressée à une œuvre pourrait révéler des génies qui  s'appuieraient sur les perches à eux tendus pour s'épanouir. Au lieu de cela ce sont les protégés des puissances politiques qui prospèrent. Le rôle de la presse avec un P majuscule s'avère nécessaire, mais cela a aussi un coût dans un contexte de division de travail de plus en plus complexe et élaboré.

Dr  Mamadou KOBLE KAMARA

Sociologue, Chercheur

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