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LA PARTIE EST LOIN D’ÊTRE GAGNÉE

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LA PARTIE EST LOIN D’ÊTRE GAGNÉE

Quelques jours après la clôture du Salon Ivoirien des Métiers d’Abidjan (SIMA), quelque part à Cocody-II Plateaux, sur le Boulevard Latrille. Aux nombreux automobilistes pris dans l’embouteillage au sortir des bureaux et usines et autres lieux de labeur, de jeunes vendeurs à la sauvette –comme s’ils s’étaient tous passé le mot– proposent leurs babioles au cri de: "Un million d’emplois, un million d’emplois…". Un trait d’esprit bien ivoirien, que d’aucuns ont vite fait de prendre pour un pied de nez au pouvoir.

Il n’y a pas de doute là-dessus. En prenant son bâton de pèlerin pour parcourir l’intérieur du pays à partir de Bouaflé (région de la Marahoué), à la tête d’une caravane dite "Un jeune, un emploi", Alphonse SORO, l’un des jeunes députés du Parlement ivoirien, le 25 mars dernier, avait-il certainement eu vent de ce qui se chuchotait jusque-là dans les rangs des 16-35 ans. En tout cas, récemment, à San Pedro, dans la région du même nom, où il se trouvait, accompagné de Bamba Lacina, Directeur Général du Fonds National de la Jeunesse (FNJ), le "Pèlerin de l’emploi jeune" –pour ainsi le désigner– s’adressant aux jeunes issus de tous les partis politiques ivoiriens, a eu un langage sur lequel on continue certainement d’épiloguer. Surtout après le bilan présenté au Premier ministre Daniel DUNCAN au Salon Ivoirien des Métiers d’Abidjan (SIMA) qui s’est tenu du 15 au 17 mai derniers au Palais des Sports de Treichville.

Quarante-six projets individuels et cinq collectifs ont été financés par le FNJ, le tout pour la création de 5000 emplois directs ; seulement en six mois d’activité, a pris soin de souligner le Directeur général de cette structure; comme pour relativiser ces chiffres qui parlent éloquemment d’eux-mêmes et qui sont loin des prévisions faites en janvier 2013. L’on se souvient qu’au cours de la conférence de presse qu’il animait, à la faveur du lancement des activités du Fonds national de la jeunesse, Bamba Lacina annonçait le financement de 500 projets individuels et 10 projets collectifs. Ce qui, selon lui, devrait générer 7000 emplois directs et 14000 emplois indirects; le coût global de réalisation de ces projets étant estimé à 7 milliards de francs Cfa.

Visiblement, l’objectif de "plus d’un million d’emplois permanents" à l’horizon 2015, (dans les villes comme dans les zones rurales), est loin d’être atteint. Du moins, si l’on en croit les chiffres révélés récemment, par le ministre d'Etat, ministre de l'Emploi, des Affaires sociales et de la Formation professionnelle. Qui indiquait, récemment à Yamoussoukro, à la clôture des travaux de la revue conjointe du secteur éducation-formation : «plus de 6.000.000 jeunes sont en situation de sous-emploi ou de non-emploi». A moins de 17 mois de la prochaine consultation électorale, nombreux sont les jeunes Ivoiriens qui ne croient plus dans les promesses faites par Alassane Ouattara, en matière de création d’emploi, de lutte contre le chômage. Tout simplement, parce que, pensent-ils, le gap de 9 995 000 emplois à créer sera difficile à combler. A moins que le FNJ mette les bouchées doubles.

Alors que l’on pensait le pari perdu, voilà que le ministre d’Etat, ministre de l’emploi et de la formation professionnelle surprend plus d’un Ivoirien. A l'occasion de la clôture des travaux de la revue conjointe du secteur éducation-formation, qui s’est tenu à Yamoussoukro, c’est un Moussa DOSSO résolument optimiste qui lance: «Le Président s'est engagé à créer un million d'emplois à l'horizon 2015; et, en homme de parole, il va le réaliser». Une incantation digne d’un vendeur d’illusion, ou alors une profession de foi capable… d’aplanir la montagne du chômage des jeunes ? On en était à épiloguer sur cette alternative. Jusqu’à la signature d’une convention, le 03 mai dernier, entre le ministère d`Etat, ministère de l`Emploi, des Affaires sociales et de la Formation professionnelle et l`Assemblée des régions de Côte d`Ivoire (ARDCI). Il s’agit d’un accord qui vise à mettre en place au plan régional des fonds dédiés au financement des initiatives des jeunes.

De cette convention, l’on retiendra en substance que, l’Etat s’engage à accompagner les régions dans la réalisation d’études sur l’identification des bassins d’emploi, à les associer à la gouvernance des établissements de formation professionnelle. En contrepartie, l’ARDCI élabore des stratégies spécifiques à la création d’emplois et au développement de la formation professionnelle; s’appuyant, pour cela, sur les caractéristiques socio-économiques des régions et districts. Ce n’est pas tout. Cette faîtière prend l’engagement d’augmenter les occasions de stage au sein des Districts et Conseils régionaux; et ce, en vue d’accorder une importance à l’acquisition de l’expérience de travail aux jeunes qui connaissent des obstacles à obtenir un emploi; puis à faire de la création d’emploi, l’un des principaux objectifs dans les différents programmes d’infrastructures et de développement qui seront réalisés au plan régional.

On l’aura compris, à priori, il s’agit pour le gouvernement –visiblement acculé à la fois par le temps, et par les réalités du terrain– de tenter de reprendre la main, de se redonner l’avantage; en risquant un joker dans cette situation de lutte contre le chômage des jeunes qui semblait perdu. Ce qui en soit relève du bon sens. Mais, pour les sceptiques, il s’agit plutôt d’un pis-aller, le gouvernement s’étant résolu à explorer cette solution, faute de mieux. L’argumentaire développé ici, c’est que, manifestement, le jeune Ivoirien préfère une activité précaire au chœur de la capitale économique, à un emploi stable, voire un stage, loin d’Abidjan et ses environs immédiats; à plus forte raison dans une "région reculée".

En témoigne la répartition géographique des projets déposés au FNJ. Les statistiques disponibles sur http://www.fnj.ci indiquent que le district des Lagunes vient en tête, avec 409 projets déposés, suivi de très loin par la Vallée du Bandama avec 65 dossiers. Viennent ensuite le District du Lôh-Djiboua (44) et des Savanes (43), le Zanzan bouclant la marche avec 1 projet. Et cela, en dépit des missions qui ont sillonné certaines villes comme Adzopé, Azaguié, Tiassalé, Fresco, San-Pedro, Toumodi, Bouaké, Longo,.. Ferké et Diawala, pour évaluer les performances de ladite structure, à travers les différents projets financés. Comme pour dire que, même avec un joker ou un pis-aller (c’est selon), la partie est loin d’être gagnée.

 

TANOH Benoît

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