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COMME EN PILOTAGE À VUE

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COMME EN PILOTAGE À VUE

Sa langue n’a pas fourché. Et, pour sûr, nombreuses sont les collectivités territoriales (villes et régions) qui, dans le pays profond, n’hésiteront pas à sauter sur l’occasion. Samedi 11 octobre dernier, alors qu’il animait un meeting au stade municipal de Lokota, au terme d’une visite de travail dans le Lôh-Djiboua, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, rassure les populations qu’il sera leur "avocat" auprès du président de la République pour une visite d’Etat dans leur région.

Un peu plus d’un mois auparavant, dans la capitale du Haut-Sassandra où il parrainait l’investiture des coordinateurs régionaux du "Train ivoirien de l’Emergence" (TRIE) –un club de soutien pour un second mandat du Président Alassane Ouattara à la magistrature suprême–Hamed Bakayoko a affirmé aux élus de Daloa que sa présence dans cette localité «annonce déjà l’arrivée prochaine du chef de l’Etat dans la région du Haut-Sassandra». Et ce, en réponse aux doléances du président du Conseil régional, le Pr. Alphonse Djédjé Mady, et de la chefferie traditionnelle.

On peut prendre le risque d’affirmer que, pour le Haut-Sassandra, les choses sont bien engagées. La région du Lôh-Diboua, elle, peut espérer. Quant aux autres régions qui, depuis de longs mois, expriment le vif désir de recevoir une visite d’Etat d’Alassane Ouattara, elles peuvent prendre leur mal en patience; sans, pour autant, être assurées de voir leur vœu se réaliser. Du moins, au cours de ce mandat. C’est que, depuis le 11 avril 2011 qu’il tient, de manière effective, les rênes du pouvoir d’Etat, Alassane Ouattara n’a pu effectuer que six visites d’Etat. Or il lui reste moins de 12 mois à courir sur les cinq (05) ans qu’il avait demandés aux Ivoiriens, pour réaliser son programme "Vivre ensemble".

D’ici là, nombreuses sont les régions non encore visitées qui prêtent l’oreille. Des fois qu’elles pourraient percevoir les échos provenant du bois sacré relatifs aux critères qui président au choix des destinations retenues. Déjà, au terme de sa visite dans le Zanzan, le président de la République a daigné lever un coin de voile sur la question. «J’ai choisi personnellement de commencer par l’Ouest et j’ai choisi personnellement de venir à l’Est. Pour le reste, c’est une affaire du gouvernement. Nous sommes allés à l’Ouest compte tenu de tout ce qui s’est passé là-bas. Nous sommes allés dire Yako; nous sommes maintenant à l’Est pour exprimer notre compassion aux populations devant l’état de pauvreté dans lequel elles vivent. C’était les deux préoccupations qui ont guidé mes choix. Maintenant il appartiendra au ministre de l’Intérieur de faire des propositions au Premier ministre et puis nous irons où ils auront décidé».

Cette prérogative, le N° 2 du gouvernement en use à volonté; du moins au vu de ce qu’il donne à voir sur le terrain. Dans la région du Haut-Sassandra, celui-là même qui est en charge des questions de l’Administration territoriale et de la sécurité intérieure, estimant que tous les chantiers du pays avancent, mais qu’à Daloa ça n’avance pas assez vite, a pris l’engagement d’en parler au chef de l’Etat, pour, a-t-il dit, accélérer le "Train de l’émergence" dans cette localité. Laquelle doit être réhabilitée car, selon lui, «depuis le temps du Président Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire moderne, plus rien n’a été fait dans cette cité" qui est le ’melting-pot’’ à l’ivoirienne. Cela n'est plus à démontrer». Allant jusqu’à affirmer qu’il faudrait mettre en œuvre "un plan d’urgence" pour le développement de la ville de Daloa.

Logiquement, avant cette annonce, le gouvernement a dû être saisi, puis a discuté des mesures et dispositifs et moyens à mettre en œuvre. Dans le cas contraire, cela relèverait du pilotage à vue; comme du temps où les sous-préfectures étaient créées au cours des visites d’Etat dans le pays profond ou à la faveur des visites que les populations rendaient au Président de la République à Abidjan. Hamed Bakayoko, qui joue manifestement la carte du clientélisme sait que le Haut-Sassandra et le Lôh-Djiboua sont loin d’être les seules localités du pays profond à voir leurs infrastructures de base dégradées, à connaître des difficultés de reconstruction, de développement local.

Il y a fort à parier que toutes les régions qui auront la chance d’être désignées pour accueillir une visite d’Etat, ne pourront pas bénéficier d’un autre plan d’urgence; en plus des investissements à réaliser dans le cadre du Programme présidentiel d’urgence (PPU) et des budgets alloués aux collectivités territoriales, pour promouvoir et soutenir le développement local. Si tel devrait être le cas, on risquerait de faire le lit à une pratique qui ne peut faire l’unanimité : un poids deux mesures…

 

TANOH Benoît

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