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LES PIEDS DANS LE PLAT

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LES PIEDS DANS LE PLAT

Il aura fallu une bonne dose de culot et être sûr du bien fondé de la cause pour laquelle ils ont osé faire cette injure à l’une des plus haute personnalités du pays. Devant Daniel Kablan Duncan, le Premier ministre, qui plus est, était honoré de la présence du représentant permanent d’un souverain étranger en Côte d’Ivoire, des jeunes gens d’un village du pays Baoulé, précisément chez les Akouès, ont contesté publiquement la légitimité et l’autorité d’un chef de village; ou du moins, supposé comme tel.

Des conflits succession à la tête d’une chefferie, d’un canton, d’un royaume, aucune région du pays profond n’y échappe. Au point que, dans sa mission de maintien de l'ordre et de la cohésion sociale, le corps préfectoral s’est, jusque là, impliqué dans leur résolution; avec des fortunes diverses. Pour le cas d’espèce, les faits, tels que rapportés par l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP), font état de ce que des jeunes de Nanan, un village de la commune de Yamoussoukro, s'en sont publiquement pris à leur chef. C’était, récemment, lors du lancement officiel des travaux de construction du Lycée Professionnel Hôtelier (LPH) de Yamoussoukro, en présence du Premier ministre, Daniel Kablan Duncan.

Selon toujours le confrère, des éléments de ce groupe de jeunes visiblement furieux ont tenté d'arracher le micro des mains du chef; alors que celui-ci s'apprêtait à s'acquitter du rituel de libation, préliminaire au démarrage effectif de la cérémonie de pose de première pierre de l'établissement. Ces derniers ont été freinés dans leur élan par les forces de l'ordre, après un court instant de cafouillage qui, note le confrère, a indisposé les autorités présentes, au nombre desquelles l'ambassadeur d'Arabie Saoudite en Côte d'Ivoire.

Pour sûr, derrière cet acte irrévérencieux, cet affront public qu’il convient de condamner, il s’agit d’un acte qu’on pourrait qualifier de "salutaire". Ces jeunes gens auraient-ils voulu mettre les pieds dans le plat qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement; question, dit-on, d’éviter que ce qui s’est déjà passé dans d’autres villages de Yamoussoukro comme N’Gattakro, Subiakro, Kami, Morofé, Akpessekro etc, prospère chez eux. Une situation qui s’expliquerait par le fait que, l’autorité préfectorale a souvent recherché, avec le concours des acteurs locaux, le consensus dans le seul souci de maintenir l'ordre et la cohésion sociale dans leur circonscription.

Dans le cas d’espèce, lorsque ce conflit avait éclaté au grand jour en 2013, les autorités préfectorales de Yamoussoukro avaient diligenté une mission de bons offices à Nanan. Cette médiation avait réussi à ramener le calme; le temps de procéder aux consultations d'usage auprès de la population et des sages de la contrée, afin trancher définitivement la question. En dépit de l’arbitrage de la dépositaire du siège symbole du pouvoir, en la personne de dame N'Goran Adjoua qui, s’appuyant sur les règles de dévolution du pouvoir en pays Baoulé, avait tranché en faveur du successeur légitime, l’autre protagoniste persiste dans la forfaiture; tout simplement parce qu’assuré de bénéficier de soutiens bien introduits dans les instances du pouvoir, croient savoir d’aucuns.

Vrai ou faux ? Une chose est certaine, Daniel Kablan Duncan, témoin "privilégié" de cet impair fâcheux, a assurément été briefé sur les tenants et aboutissants de cette situation. On peut donc supposer que, désormais, il est situé sur les limites des interventions du corps préfectoral dans la résolution de ce genre de conflit. Toutefois, le chef de gouvernement –qui n’est pas le supérieur hiérarchique des ministres– ne pourra pas peser de tout son poids sur le dénouement de cette crise de succession. A quelque chose malheur étant bon, ainsi que dit l’adage, tout au plus, pourra-t-il partager son sentiment sur ce qu’il a vécu à Yamoussoukro. Ce qui pourrait amener le Conseil des ministres à renforcer la mission de la chambre nationale des rois et chefs traditionnels (CNRCT); dont on sait, pour l’heure, qu’elle est appelée à jouer un rôle de régulateur de la vie sociale dans les différentes contrées. On attend l’installation de cette structure, annoncée pour le premier trimestre de cette année 2015, pour en savoir davantage.

Cela dit, il faudra bien compter avec cet important organe qui, en plus de regrouper 8000 têtes couronnées réputées maîtriser les arcanes de la diplomatie coutumière, est désormais une véritable instance de pouvoir; qui tire toute sa force du peuple ivoirien tout entier à travers l’Assemblée nationale qui a voté le statut de la CNRCT au mois d’août de l’année dernière. Partant, il s’impose comme un outil efficace de règlement de tout conflit relevant de l’autorité traditionnelle. Ajouté à cela le prestige dont jouissent certains de ses membres (leur aura s’étend parfois au-delà de leurs contrées), cette chambre devrait pouvoir contribuer à résoudre efficacement les conflits de succession à la tête de certaines chefferies de village…

On ne perdra de vue que, dix ans durant, malgré leur volonté, ces autorités traditionnelles n’ont pu dénouer la crise ivoirienne à travers des offres de médiation. Autant les rois et chefs traditionnels n’ont pas réussi à se faire entendre par ceux des enfants de ce pays qui, sûrs de leurs forces sur le terrain, ont planté le glaive dans le sein de la mère patrie, autant, ils ont compris qu’ils étaient mal placés pour oser faire entendre la voix de la raison à ceux qui, piqués dans leur amour propre, sont restés sourds à l’appel à la paix. Aujourd’hui, il s'agit donc de reconnaître cet échec, d’en tirer toutes les leçons; afin de se doter de la bonne approche et démontrer son efficacité.

 

TANOH Benoît

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