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UNE LOURDE RESPONSABILITÉ

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UNE LOURDE RESPONSABILITÉ

Les Comités communautaires de développement (CCDQ), lancés au début du mois de novembre dernier, par Nicolas Djibo annoncent la politique du "Gouverner autrement", que le maire de Bouaké avait promis d’introduire dans la gestion de la chose communale. Avec quelles chances de succès ?

Tels que présentées par Nicolas Djibo, le maire de Bouaké, au cours de la cérémonie de lancement officiel des 50 Comités Communautaires de Développement des Quartiers (CCDQ), ces structures n’ont rien à voir avec les CDQ (Comités de Développement de Quartier). Dans les années 1990, les CDQ s’étaient illustrés de fort belle manière à travers des activités de services urbains (pré-collecte et de collecte des ordures ménagères) menées par des jeunes gens dans certaines communes de l’agglomération urbaine Abidjanaise (Abobo, Adjamé, Port-Bouët et Yopougon). Cette fois-ci, il s’agit pour la nouvelle autorité municipale de Bouaké d’impliquer davantage ses concitoyens dans la gestion et le développement de la cité. Après avoir été sérieusement affectée par les dix années de crise militaro-politique, l’agglomération urbaine de Bouaké s’efforce de retrouver son dynamisme et son rayonnement économique et culturel d’antan.

Pour ce faire, Nicolas Djibo et son conseil municipal ambitionnent d’amener les Bouakéens de tous secteurs d’activités, de toutes les origines politiques ou ethniques, à interagir; en mettant dans un même creuset leurs compétences, leurs savoir-faire; en vue de guider la municipalité sur les voies de l’amélioration de leurs cadres de vie. Précisant le rôle que les populations sont appelées à jouer au sein de ces CCDQ, le premier magistrat de la cité avait, au cours de la cérémonie de lancement, souligné que «…leur participation au processus délibératif pourra revêtir plusieurs formes à travers l’information, la consultation, la concertation et la co-décision».

Ainsi, donc Nicolas Djibo, appuyé par son Conseil municipal met en pratique l’une de ses promesses de campagne. A savoir, la mise en œuvre effective de la démocratie participative; laquelle est prônée par les partenaires au développement en matière de lutte contre la pauvreté. Dans le principe, cela suppose, comme le recommandent ces mêmes partenaires et experts « …l’implication active de l’ensemble des acteurs de la société dans l’élaboration, le suivi et la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la pauvreté».)

Dans la pratique, a souligné Nicolas Djibo, «…Pour l’intérêt général de leur territoire, les délégués de quartiers seront des courroies de transmission entre leurs quartiers et nous, les élus…Il s’agira…pour les populations de s’organiser pour être toujours en première ligne, quand il sera question de décider pour elles». En d’autres termes, les CCDQ devront contribuer à enrichir les débats en matière de planification, programmation, budgétisation, mise en œuvre et suivi des différents aspects du développement de la ville de Bouaké. Une bien lourde responsabilité; au vu de tout ce que les populations peuvent attendre des gros investissements annoncés par le président Alassane Ouattara, à l’occasion de la mémorable visite d’Etat qu’il vient d’effectuer dans la région du Gbèkè. Du coup, se pose le problème des capacités dont devront faire montre les délégués; c’est-à-dire, les membres des CCDQ, pour répondre aux priorités et besoins des populations.

L’on se souvient qu’au mois de juin dernier, des organisations de la société civile ivoirienne avaient pris part un à séminaire de sensibilisation et de formation sur les notions de base de gouvernance locale. Au même titre que des ONG de Bouaké, des représentants des mairies, des conseils régionaux et de l’administration préfectorale avaient également participé à ce séminaire de formation qui s’inscrivait dans le cadre du "Projet d’appui à l’insertion de la société civile dans la gouvernance locale". Une session de renforcement des capacités aux méthodes et techniques de la gouvernance locale, qui profitera certainement aux CCDQ. Qui, on l’espère, sont théoriquement prêts à jouer un rôle d’éclaireur et à donner des avis techniques motivés sur les projets de développement. Pour le Conseil municipal tout comme pour les Comités communautaires de développement, reste maintenant à faire face à un grand piège: celui de la politique politicienne.

C’est que, partout ailleurs, la pratique en vigueur, c’est que les différents gouvernements locaux (conseils municipaux, conseils régionaux) ont toujours été aux couleurs de la formation politique sortie victorieuse des urnes. Qu’en sera-t-il de la sensibilité des jeunes, femmes et hommes qui seront coptés pour faire partie des CCDQ ? Ces structures, censées être des outils de développement qui ne voient que l’intérêt général, seront-elles représentatives de toutes les composantes de la population de cette ville cosmopolite qu’est aujourd’hui Bouaké ? Si tel est le cas, les délégués des CCDQ sauront-ils mettre en pratique leurs acquis en matière de gouvernance locale ? Ne serait-ce que pour résister aux tentatives d’instrumentalisation ? Rien n’est moins sûr.

La petite histoire de la décentralisation en Côte d’Ivoire montre que certaines de ces organisations associatives jusque là mises en place, pour accompagner l’autorité locale, ont souvent été transformées en "Comités logistiques";tout juste bons pour installer et désinstaller les bâches et autres chaises à l’occasion de manifestations publiques. D’autres ont souvent servi de planque pour les hommes de main dont d’aucuns se servent pour espérer se maintenir aux commandes, ou déstabiliser les adversaires. En cette période post-crise où la quête d’un emploi, quel qu’il soit, est la préoccupation majeure des Ivoiriens, il faut espérer que ces structures ne soient des pis-aller, des refuges. Il faut l’espérer, pour que cette illustration du "Gouverner autrement" profite, de manière effective, à tous les bouakéens, de toutes origines et obédiences.

 

TANOH Benoît

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