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LE BEURRE OU L’ARGENT DU BEURRE…

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LE BEURRE OU L’ARGENT DU BEURRE…

Des travailleurs qui demandent une amélioration de leurs conditions de travail, ça court les rues, et cela arrive régulièrement toutes les entreprises. Les agents de la mairie de Dabou, eux, ont eu droit à une douche froide, quand ils ont osé solliciter, il y a peu, une revalorisation de leurs salaires. Leur employeur les a renvoyés paître, au motif que certains d’entre eux s’engraissent déjà sur le dos de l’institution. Une bien curieuse manière, pour un patron, de réagir à une requête du genre. A une cérémonie qui célèbre le travail et les travailleurs.

Les agents de la mairie de Dabou commis à l’encaissement des taxes auprès des contribuables travailleraient pour «leurs propres poche». C’est en tout cas le premier magistrat de cette cité, le maire Sess Soukou, qui fait peser sur ses employés une telle accusation fraude. Ceux-ci sont allés le rencontrer il y a peu, avec leurs délégués, pour solliciter des augmentations de salaires. Réaction inattendue de leur employeur, qui leur oppose une fin de non-recevoir appuyée de fortes accusations de détournement. La scène a eu lieu à l’occasion de la célébration de la fête du travail, rituelle à laquelle, on a sacrifié, à la mairie de Dabou, avec une semaine de décalage sur la date conventionnelle du 1er mai.

«Rien ne m’échappe sur vos activités en ville. Ceux qui ont entrepris des constructions, je le sais. Ceux qui ont des boutiques, je le sais. Dans les interventions de vos délégués, vous avez parlé de l’amélioration des conditions de vie. Je voudrais tout simplement vous dire que je suis prêt à le faire à condition que cessent certains agissements, à condition que les recettes s’améliorent. (…). On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre, c’est-à-dire vous encaissez l’argent, vous ne reversez pas dans les caisses de la mairie et vous voulez qu’on vous fasse des augmentations. Ce n’est pas logique. (…)Toutes les revendications peuvent être réglées si les agents qui vont sur le terrain ne travaillent pas pour leurs propres poches», a vertement accusé M. Sess Soukou, qui n’a pas voulu mettre d’étiquettes particulières sur les uns et les autres des travailleurs qu’il cloue ainsi au pilori. Sans faire la moindre mention des circonstances des magouilles en question ni même de l’étendue des préjudices qu’elles ont pu causer à la collectivité.

Ce qui intrigue le plus dans l’affaire, c’est que le maire se contente d’accabler ses collaborateurs sans leur opposer des faits ou des éléments de preuve pouvant attester de leur culpabilité. Il dit savoir que certains de ses agents ont des boutiques et autres biens immobiliers dans la cité. Et, de son avis, ils ne peuvent avoir fait ces investissements qu’avec les sous destinés aux caisses de la mairie. Un raccourci par trop réducteur auquel il est parait difficile d’accorder du crédit,

Que les agents municipaux, qui sont des travailleurs comme tous les autres salariés s’essayent aux affaires pour arrondir leur fin de mois ou pour préparer leur retraite, qu’y a-t-il de mal à cela ? Ils perçoivent bien un salaire Or c’est cela qui intrigue leur employeur, qui va certainement trop vite en besogne, en ayant la certitude que c’est les produits des taxes que ses agents de terrain distraient, pour réaliser des investissements pour leur propre compte, dans la cité.

Pourquoi le maire Sess Soukou n’a-t-il pas eu le réflexe de faire suivre les agents réputés véreux à la trace ou ouvrir une enquête à leur encontre quand les soupçons de fraude lui sont venus à l’esprit ? Une telle précaution lui aurait permis d’isoler les présumés fraudeurs et de limiter les dégâts, si ceux-ci étaient avérés.

Il y a possiblement à la mairie de Dabou des agents indélicats, qui confondent l’argent du contribuable avec le leur. Il y en a certainement d’autres encore qui trichent avec leur travail et qui n’obtiennent pas les résultats escomptés. Le maire, tout manager qu’il est, sait qu’il a, à sa disposition des recours légaux pour faire apparaitre ces manquements au grand jour, pour ensuite les sanctionner. Comme il se doit. Rien n’a, apparemment, été fait, non plus dans ce sens.

Et tout laisse penser que les accusations, sans véritables fondements, dont le maire de Dabou accable ses employés, ne sont que pures prétextes. Prétexte pour tourner, sans frais, le dos aux revendications légitimes de ces travailleurs, qui n’allaient, de toutes les manières, pas lui demander de leur décrocher la lune.

Ce sont les Saintes Ecritures, que nous osons paraphraser ici, qui le disent : «un père digne de ce nom ne doit pas donner une pierre à la place du pain que lui demande son fils».

Leçon : si pour des raisons économiques évidentes ou même supposées, un employeur ne peut accéder aux revendications salariales de ses employés, il n’est pas bienséant de jeter le discrédit sur eux, en les accusant de maux dont il n’est pas prouvé qu’ils sont responsables. Un avis, comme tout autre…



Raphaël N’GUESSAN

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