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VIVRE ENSEMBLE, OU PÉRIR ENSEMBLE ?

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VIVRE ENSEMBLE, OU PÉRIR ENSEMBLE ?

Les hommes politiques ivoiriens vont-ils enfin s’accorder, à l’entame de la nouvelle année, pour conduire la Côte d’Ivoire vers de nouveaux rivages, après les dures épreuves qu’ensemble, ils ont lui fait endurer ?

 

Il y a, ces deniers temps, quelques signes qui laissent penser que quelque chose va changer dans les rapports, très fortement conflictuels, qu’entretiennent le Rassemblement des Républicains (RDR), la formation politique aux affaires, et le Front Populaire Ivoirien (FPI) de l’ex-président Laurent Gbagbo, considéré comme la locomotive de l’opposition ivoirienne. Les deux poids lourds de la scène politique ivoirienne semblent s’être mis d’accord, ces dernières semaines, pour mettre un peu d’eau dans leur vin. Aux fins d’accélérer le processus de réconciliation nationale et la restauration du tissu social fissuré de toutes parts.

Au cours de la visite d’Etat qu’il vient d’achever dans les régions du Gbèkê et du Bélier, le président de la République a fait, à plusieurs reprises, des appels du pied au FPI, l’invitant, à mots à peine couverts, à rejoindre l’équipe gouvernementale, pour participer à la tâche de reconstruction du pays. « Nous devons bâtir cette nation ensemble et dans la paix, car sans la paix il n’ya pas de développement (…). J’en appelle à l’union de tous les enfants d’Houphouët-Boigny et de tous les enfants de Côte d’Ivoire. Le pays est sur le bon chemin. Et c’est ensemble, dans l’amour, que nous irons encore plus vite », avait-il indiqué, à l’étape de Tiébissou, le 12 décembre dernier ; se réjouissant, dans la foulée, de la bonne ambiance qui a caractérisé la dernière rencontre que le RDR, son parti, venait d’avoir quelques jours plus tôt avec le FPI, dans le cadre du processus du dialogue direct instauré entre ces deux formations. Le dialogue direct, on le sait, achoppe, depuis de longs mois, sur de nombreux points de divergences qui l‘ont conduit dans l’impasse, depuis plus de six mois.

Le FPI n’a pas encore formellement réagi à l’appel du pied du Chef de l’Etat. Mais le silence qu’il observe jusqu’ici, et ce, contrairement à ses habitudes, laisse présager qu’il pourrait prendre la main tendue du  Président de la République. Le président de tous les Ivoiriens.

La plupart des conditions que ce parti a toujours posées pour sa pleine participation au jeu politique et au processus de réconciliation national font, à ce qu’il semble, ces temps-ci, l’objet d’une plus grande attention de la part du régime ; qui avait choisi, pendant longtemps, de leur opposer d’autres arguments. Il s’agit entre autres, de la question de la libération des personnes et personnalités pro-Gbagbo arrêtées et emprisonnées pendant la crise postélectorale ou après ; du retour sans conditions des exilés politiques; de l’adoption d’une loi d’amnistie générale… Dans l’esprit des responsables du FPI, l’amnistie demandée devait conduire à l’abandon de toutes les charges, y compris les mandats d’arrêt, éditées à l’encontre des détenus et des exilés politiques. Pas d’accord, a jusqu’ici rétorqué le pouvoir, qui tient à ce que toutes les personnes soupçonnées ou convaincues de crimes et d’autres graves délits répondent de leurs actes devant la justice.

Mais, comme par un curieux hasard, il n’ya que les seuls protagonistes appartenant au camp de l’ex-président qui font l’objet de poursuites judiciaires. Alors que les enquêtes réalisées par les soins du pouvoir et des organisations de défense des droits de l’homme ont conclu de la participation des combattants du camp Ouattara dans les nombreux massacres qui ont émaillé le cours de la crise postélectorale.

La situation s’est envenimé tout récemment avec la série d’attaques ayant ciblé des positions des FRCI à Abidjan et dans d’autres localités voisines. Le pouvoir a attribué la responsabilité de toutes ces attaques à des forces pro-Gbagbo. De nombreuses personnes soupçonnées d’être derrière ces attaques ou d’y avoir participé ont ainsi été arrêtées, dans les cercles pro-Gbagbo.

Les responsables du FPI ont toujours dit ne pas comprendre que le président Alassane Ouattara prône sans arrêt la paix, l’unité et la réconciliation entre Ivoiriens, tout en maintenant derrière les barreaux leurs principaux dirigeants, et en continuant de faire la chasse aux sorcières, pour des raisons, pas toujours fondées, à leurs yeux. .

Sur la plupart de ces questions, les choses ont favorablement évolué, avec la mise en liberté provisoire de certains des détenus.  On a également assisté au retour de nombreux refugiés, au nombre desquels des exilés politiques de premier plan. Mieux, Il y a quelques jours, le ministre de l’Intérieur a assuré l’opinion de ce que le gouvernement ne posait véritablement plus de conditions au retour des exilés, quels qu’ils soient.

« Tous les exilés qui veulent rentrer peuvent venir (…). Personne ne sera arrêté à la frontière dans le cadre d’un retour », a assuré Hamed Bakayoko, suite à l une rencontre qu’il venait d’avoir avec des responsables du FPI, à propos justement de cette question du « retour sécurisé » des exilés politiques.

Une autre manifestation tangible de la volonté du gouvernement de lâcher du lest : la restitution à leurs propriétaires légaux des sites privés (résidences, bureaux, plantations, sièges de journaux…) occupés de force depuis le début de la crise postélectorale par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) favorables au président Ouattara. Après avoir longtemps fermé les yeux sur cette situation, pour le moins embarrassante pour elles, les autorités font désormais diligence pour aider les propriétaires, des cadres et militants FPI, pour la plupart, à rentrer en jouissance de leurs biens. Une commission présidée par un colonel-major de l’armée travaille à la régularisation de cette situation. Sur 265 réclamations enregistrées par cette commission, 100 ont été déjà satisfaites et les 155 autres, selon Paul Koffi Koffi, le ministre en charge de la Défense, sont en cours de traitement. « Le pays retrouve la normalité, il importe que les choses rentrent dans l'ordre, à tous les niveaux, et que les propriétaires de maisons, de plantations ou de bureaux qui en avaient été dépossédés de force retrouvent leurs biens », s’en-est-il expliqué récemment, à l’occasion de la restitution d’une résidence à son propriétaire, dans un quartier huppé d’Abidjan.

Le tout dernier « accroc » entre le parti au pouvoir et le FPI est venu de la proposition faite par ce dernier sur l’organisation  des « états généraux de la république ». Au contraire du CPD qui ne réunit que les partis politiques, la plateforme d’échanges proposée prévoit de regrouper « les forces vives de la nation ivoirienne ».

« Les états-généraux de la République consisteront en un débat large, inclusif, franc et sincère sur toutes les questions qui divisent les ivoiriens depuis plusieurs années, qui constituent les causes de la crise ivoirienne et dont la résolution permettra de fonder un nouveau consensus national pour la paix, la stabilité, l'unité et la réconciliation nationale », a expliqué récemment M. Dano Djédjé, le Secrétaire général du FPI.

Après avoir rejeté du revers de la main cette proposition, au motif qu’elle constituait un forum de trop, Alassane Ouattara s’est ravisé, quelques jours plus tard, en demandant à Jeannot Ahoussou, son ex-premier ministre, de suivre la question pour savoir de quoi elle relève exactement. Voilà, comme dirait l’adage, qui est bien, et qui finira sûrement bien.

Revenons au point de départ : va-t-on vers un apaisement du « dépit amoureux » et de la veillée d’armes entre le pouvoir sorti de la crise postélectorale et le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, détenu lui-même depuis 2011 dans les geôles de la CPI ?

On peut se risquer à répondre par l’affirmative, sans chercher à épiloguer outre mesure sur les raisons profondes qui peuvent être à l’origine du changement attendu. C’est-à-dire la décrispation de la scène politique, de la vie tout court du pays. Le préalable, à notre humble avis, de tous les préalables sans lesquels le navire Ivoire ne peut évoluer sereinement et en toute quiétude vers de nouveaux rivages. Pour le bonheur de tous ses enfants. Qui ont tout à gagner, en réapprenant à vivre ensemble. Comme par le passé.

Un avis, comme tout autre…

 

Raphaël N’GUESSAN

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