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Y A-T-IL DES BÂTISSEURS DANS LA VILLE ?

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Y A-T-IL DES BÂTISSEURS DANS LA VILLE ?

Le gouvernement va-t-il pouvoir trouver des solutions durables au problème des inondations et glissements de terrains qui se produisent chaque année, à chaque saison des pluies à Abidjan,  et qui causent de nombreux dégâts matériels et pertes en vie humaine dans cette ville ? Les autorités viennent de prendre un certain nombre de mesures de prévention pour faire face à cette situation. Reste maintenant à voir comment ces mesures vont être appliquées sur le terrain.

 

Le commun des Ivoiriens ne comprend pas que des pères de famille établis dans les zones dites à risques des quartiers précaires de l’agglomération d’Abidjan s’obstinent à demeurer, avec les leurs, sur ces sites, au péril de leur vie. Le problème est ceci que les familles concernées, qui se recrutent parmi les couches les plus pauvres de la population, disent ne pas savoir où partir, ni disposer de moyens pour s’offrir un nouveau toit, quel qu’il soit.

Le gouvernement vient (enfin !) de donner un début de réponse aux préoccupations de ces milliers de personnes qui vivent sur des sites classés comme à haut risque et à qui on demande invariablement chaque année, de libérer les lieux, quand pointe la saison des pluies. Il ( le gouvernement) a arrêté le mercredi 25 juin dernier, en conseil des ministres, un certain nombre de mesures visant à prévenir les sinistres  et les pertes en vie humaine.

La première de ces mesures concerne le déguerpissement des populations vivant sur les sites réputés dangereux. Des instructions ont été données aux ministères et services techniques en charge de l’assainissement, de la construction et de la protection civile de « procéder à la démolition de tous les bâtiments construits sur des sites à très haut risque », pour contraindre leurs occupants à libérer les lieux.

Il est prévu de rechercher des plateformes de recasement pour recevoir les futurs déguerpis. On estime à « plus de 850 hectares » les superficies de terrains nécessaires à cet effet.

Le gouvernement a par ailleurs décidé d’affecter aux familles ayant perdu des personnes dans les récents sinistres, une somme d’un million FCFA par personne décédée. Des aides en nature, vivres et non vivres, ont été également prévues pour les familles les plus durement touchées.

Depuis le début du mois de juin, au moins 23 personnes ont perdu la vie sous les décombres de leurs habitations ; celles-ci ayant été englouties par des éboulements de terrain provoqués par les pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale économique depuis le début de la saison pluvieuse.

Les opérations de déguerpissement-démolition annoncées devraient toucher l’ensemble des quartiers précaires et des sites à risques identifiés comme tels. Mais en lisant bien entre les lignes du texte du communiqué du conseil des ministres, on se rend compte que dans sa démarche, le gouvernement fait un distinguo entre « sites à risques » et « sites à très hauts risques ». Les interventions, en ce qui concerne la première catégorie de sites, sont logiquement prévues pour le « court terme »; alors que pour la deuxième catégorie, elles ont été inscrites dans le « moyen terme ».

A défaut d’informations précises sur le calendrier ou la programmation de ces opérations, on se dit que les habitants de quartiers précaires où les risques identifiés ne sont pas jugés très élevés vont bénéficier d’un sursis, pour leur déguerpissement.

A contrario, on suppose que ceux vivant sur des « sites à très haut risques » pourraient se voir boutés dehors sans délai. Mais ce schéma n’est pas nouveau.

On a souvent reproché aux grands commis de l’Etat en charge des questions d’assainissement, de drainage, de construction, de protection civile etc., de ne rien faire pour anticiper les situations de sinistres. Ils édictent chaque fois des mesures de prévention, mais attendent toujours la période critique de la saison des pluies et son cortège d’inondations, d’éboulements de terrains et de drames pour réagir. Quand ils ne peuvent rien faire d’autre, que de déplorer les dégâts ou de faires du replâtrage.

Alors ne vaut-il pas mieux, cette fois et comme recommande la sagesse populaire, « battre le fer pendant qu’il est chaud »?

Le problème est que toutes les conditions ne semblent pas réunies pour passer à l’action. A preuve, il n’y a pas de terrains aménagés disponibles en ce moment pour accueillir les populations des sites à libérer. Et il n’est pas évident qu’on en trouve dans un bref délai. Et puis, de toutes les manières, le traitement de ce problème de terrain a été, fort curieusement, relégué au second plan, au titre des « mesures de prévention à prendre à moyen terme ». Le gouvernement a demandé aux structures et services techniques compétents en la matière d’activer une certaine commission d’un certain « Comité ad’ hoc interministériel », pour qu’à son tour cette commission s’occupe de la recherche de financement, de la purge et de l’aménagement des terrains (plus de 850 hectares) nécessaires pour relocaliser les futurs déguerpis. Et cela n’est visiblement pas une mince affaire. Il faut non seulement chercher et trouver des parcelles disponibles, mais aussi de l’argent pour purger les droits y afférents et ensuite les aménager. Cela prendra forcément du temps, beaucoup et surtout aussi beaucoup de sous.

En attendant, quel sort sera-t-il réservé à celles des populations se trouvant sur des « sites à très hauts risques » et qui, elles, devraient être déguerpies, selon les plans et prévisions établis, dans le « court terme » ? Va-t-on jeter ces nombreuses familles à la rue, sans quelque contrepartie que ce soit ?

Et puis, pardessus tout, que peuvent bien signifier, dans le contexte précis, ces termes de « court terme » et de « moyen terme » ? Doit-on raisonner en termes de semaines, de mois ou d’années, pour l’un et l’autre concept ?

Beaucoup de questions sans réponses apparentes qui laissent planer des doutes sur la portée de la vision et la volonté des uns et des autres décideurs et acteurs en scène à trouver des solutions durables aux graves sinistres qui provoquent, chaque fois, tant de dégâts et de drames dans le District d’Abidjan.

C’est à croire qu’il n’y a pas de vrais bâtisseurs dans cette ville de près de 6 millions d’âmes qui n’arrête pas de pousser des tentacules. Jusque dans les profondeurs insalubres des bas-fonds et sur les pentes glissantes des collines.

Un avis, comme tout autre

Raphaël N’GUESSAN

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