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PIEDS ET MAINS LIÉS, DANS L’INCONNU

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PIEDS ET MAINS LIÉS, DANS L’INCONNU

Le gouvernement veut amener les ménages ivoiriens, pour leurs besoins d’éclairage, à abandonner les ampoules à incandescence classiques au profit des lampes à basse consommation (LBC), communément appelées ampoules économiques ; qui ont fait récemment leur apparition sur le marché. C’est en tout cas ce que laisse présager la récente initiative prise par le gouvernement Jeannot Kouadio-Ahoussou de lancer « le programme national de distribution de lampes à basse consommation ».

Ce programme qui a été lancé officiellement en avril dernier dans la commune de Treichville s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et la vie chère. Il vise à réduire les factures d’électricité des ménages ; du moins ceux d’entre eux qu’il prendra en compte ; c'est-à-dire environ 52% de la population, parmi les ménages à faibles revenus, régulièrement abonnés à la Compagnie Ivoirienne d’Electricité. Dans ces conditions, une bonne tranche des populations pauvres, parmi les plus pauvres, qui vivent de subsides ou dans la débrouillardise, ne pourra prétendre bénéficier de la manne. Il n’est en effet pas évident, que les nombreuses familles qui vivent dans les quartiers précaires ses zones suburbaines, et qui ont accès au courant électrique « par procuration », puissent justifier leur qualité d’abonné, quand on le leur demandera, à la distribution des fameuses ampoules. Mais là n’est pas tout à fait, aujourd’hui, notre propos.

Ce que nous voudrions plutôt dire, avant tout autre chose, c’est que le gouvernement a eu la main heureuse en s’engageant à vulgariser l’utilisation des lampes à basse consommation, puisqu’en définitive, c’est bien de cela qu’il s’agit. Les populations ciblées par le programme vont recevoir des ampoules, à raison de 5 unités par ménage, sans délier la bourse. L’Etat va payer la facture, soit à peu près 15 milliards de nos francs, à leur place.

Les lampes à basse consommation, à ce qu’on s’accorde à dire, sont plus économes en énergie et plus durables que les ampoules classiques. Elles consomment, selon des études et mesures faites en France, 4 à 5 fois moins d’énergie, pour des performances équivalentes à celles des ampoules incandescentes, en termes d’efficacité d’éclairage. Et ce n’est pas tout. Ces lampes de nouvelle génération ont une durée de vie qui est 6 à 10 fois plus longue. Entre 6000 et 10 000 heures, contre 1000 heures en moyenne pour les bonnes vieilles ampoules à incandescence. Ces dernières sont d’ailleurs en passe d’être détrônées dans la plupart des pays européens où les LBC ont fait leur apparition depuis les années 1980, et où il existe des dispositions règlementaires qui leur donnent des coudées franches sur le marché, en programmant le retrait progressif du marché européen de leurs devancières de concurrentes. Le mouvement a commencé en juin 2009 par le retrait des lampes à incandescence dont la puissance est égale ou supérieure à 100 W et devrait s’achever à la fin de cette année 2012, par le retrait des lampes de puissance égale ou supérieure à 25 W. Une fois les stocks disponibles écoulés, on ne devrait théoriquement, plus trouver de lampes de ce type dans les magasins de l’espace communautaire européen. Un marché des plus vastes, et sans encombres, s’ouvre donc aux LBC dans cet espace où les exigences des consommateurs ne sont pas des moins aisées à satisfaire.

A preuve, malgré l’existence de textes taillés sur mesure pour assurer leur promotion, les lampes à basse consommation sont au centre de débats et de controverses qui ne manquent pas d’intérêt. De nombreuses voix s’élèvent en effet ici et là au niveau des mouvements de protection des consommateurs et de milieux scientifiques pour formuler des mises en garde sur les dangers potentiels liés à l’utilisation des LBC. La raison : non seulement ces lampes contiennent du mercure, une substance réputée hautement toxique, mais en plus elles émettent, quand elles sont allumées, des ondes électromagnétiques et des rayonnements ultraviolets, qui peuvent avoir des effets plus ou moins nocifs sur l’organisme humain, dans certaines conditions d’utilisation. Pour ce qui est du mercure, les études montrent qu’il est faiblement présent dans les ampoules économiques : 3 mg par tube mélangé à du gaz inerte, avec une concentration de 0,005%). A ce taux de concentration, indique-t-on, cette substance dangereuse à forte dose, ne représente pas de risque quand la lampe est allumée.

Par contre, il peut receler un danger réel, quand le tube se casse et que l’utilisateur ne prend pas soin d’aérer rapidement son local, et même de s’en éloigner momentanément. Pour le reste, on conseille aux utilisateurs des LBC, surtout ceux souffrant de maladies cutanées ou des yeux, d’éviter de s’exposer trop longtemps et de trop près à la lumière et aux rayonnements ultraviolets et ondes électromagnétiques qu’émettent certaines de ces lampes fluorescentes ; au risque d’aggraver leurs pathologies.

Dans l’espace UE (Union Européenne), le commun des consommateurs est censé informé des tenants et aboutissants de toute la controverse qui entoure l’utilisation des lampes à basse consommation et des précautions élémentaires à observer dans leur maniement.

On ne peut pas en dire autant des consommateurs ivoiriens, au moment où les pouvoirs publics entreprennent de faire la promotion de ces mêmes ampoules, dont une certaine catégorie a commencé à tailler une petite part de marché sous nos cieux.

Mais tout le problème est que la plupart de ces ampoules qu’on trouve dans les magasins et boutiques de quartiers, et même dans certaines grandes surfaces, sont d’origines et de qualités douteuses. Et il n’est pas sûr, Pour ne pas dire plus, qu’elles respectent quelle que normes que ce soit. Tant en ce qui concerne leur durée de vie, qui s’avère être, ici, manifestement bien moindre que celle des ampoules classiques de marque ; que pour ce qui est de leur teneur en mercure ou de l’intensité des ondes électromagnétiques et des rayonnements ultraviolets qu’elles sont supposées émettre.

Le consommateur ivoirien, pour tout dire, n’a pas d’informations crédibles sur ces nouveaux produits, singulièrement, sur les risques éventuels qu’ils peuvent présenter pour la santé. Et c’est là que se trouve le nœud du problème, en ce moment précis ou les pouvoirs publics s’engagent à les faire adopter par l’ensemble de la population, au vu des seuls avantages qu’elles offrent au strict plan de l’économie d’énergie. Ce n’est normal, de nos jours, de pousser ainsi le consommateur à sauter dans l’inconnu, pieds et mains liés.

Avant la mise en œuvre du programme national de distribution de lampes en cours actuellement, le gouvernement aurait dû engager une campagne d’information-sensibilisation, en bonne et due forme, en direction de l’ensemble des populations ; pour les situer, tout à la fois, sur le bénéfice qu’elles peuvent tirer de l’utilisation des LBC et les risques éventuels auxquels elles peuvent s’exposer à leur contact. L’avantage d’une telle campagne est que les ménages, une fois bien au fait des choses, orienteront, en toute connaissance de cause, leurs décisions d’achat. En faveur ou non de ces lampes. Sans attendre que le gouvernement leur en offre. Comme dit cet adage attribué aux Chinois, au lieu d’offrir du poisson à une personne qui a faim, il est préférable de lui apprendre à pêcher. Et il vous sera reconnaissant toute sa vie durant, au lieu que ce soit une fois en passant.

Un avis, comme tout autre, en passant.

 

 

Raphaël N’GUESSAN

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