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Altruisme : SALIMATA, NOURRIE À LA SÈVE DU VOLONTARIAT

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Altruisme : SALIMATA, NOURRIE À LA SÈVE DU VOLONTARIAT

Volontaire. Disposée à apprendre. Téméraire. …Des qualificatifs qui la présentent comme une femme d’action, sensible à la détresse humaine. Salimata Coulibaly, responsable du Centre thérapeutique de nutrition de la Croix Rouge, aime se mettre au service de son prochain. Parcours d’une humanitaire à Korhogo, capitale de la région du Poro.


Il faut être de la trempe de Salimata Coulibaly pour risquer de prendre à son compte un projet qui a dû s’arrêter avec le départ forcé, avant terme donc, des principaux bailleurs de fonds. Année 1999. La Croix Rouge de Korhogo initie, avec l’appui de la Croix Rouge espagnole, le projet de création d’un centre nutritionnel thérapeutique à Korhogo. Il s’agissait de combattre la malnutrition, un des fléaux qui sévissent dans la région septentrionale de la Côte d’Ivoire qui a le taux d’enfants malnutris le plus élevé du pays. Ce taux, qui est passé de 11,6% en 2006 à 17,5% en 2008 selon une enquête nutritionnelle conjointe PAM/ UNICEF/PNN/Ministère de la santé menée en juillet 2008, est largement au-dessus du seuil d’urgence qui est de 10%. Une situation qui a amené les Organisation non gouvernementales (Ong) à faire de la lutte contre la malnutrition une de leurs préoccupations dans cette région.

Le projet était à la phase de formation de son personnel quand survint la crise en 2002. Le centre, qui se retrouve sans partenaire ni appui financier, ferme ses portes. Les membres du personnel, dont Salimata Coulibaly, se dispersent; chacun emportant avec lui un peu de la flamme qu’avait allumée l’esprit du volontariat, avec grand "V"; l’idéal même de l’âme qui anime les membres de la Croix Rouge.

L’époux de Salimata –qui est du reste dans l’humanitaire– y est-il pour quelque chose dans ce qui a tout l’air d’un sacerdoce ? L’ancienne employée de la Croix Rouge ne le dit pas. Ce qui est certain, c’est que depuis la fin prématurée de cette aventure, Salimata Coulibaly est comme "transfigurée". Elle «…se laisse habiter par cette âme…» qu’elle espérait voir se manifester avec un plus d’altruisme dans la cité du Poro. A force de persévérance, Salimata finit par comprendre que la tragédie humaine n’est pas une punition, encore moins une fatalité. Mais, bien plus, un défi à relever. « Le volontariat est un don de soi. Il s’apprend », a fini par se convaincre Salimata Coulibaly. Qui s’est forgé une détermination et une foi solide dans le domaine de l’humanitaire.

Si aujourd’hui Salimata parle de l’humanitaire avec autant d’assurance et grande conviction, c’est que cette mère de six enfants –qui n’a rien perdu de son élégance africaine et de son charme– s’est affranchie des pesanteurs sociologiques propres à la culture Sénoufo. Toute chose qui semble avoir été facilité par l’environnement dans lequel elle exerce: une modeste salle avec fenêtres à naco en lames d’aluminium (propres aux habitations des zones chaudes), sur la droite, une petite table d’ordinateur surmontée d’un desktop équipé d’un modem pour connexion Internet. En face, un bureau recouvert d’un revêtement formica imitation bois sur lequel trône un téléphone fixe; démontrant que Salimata est de son temps, ouverte sur le monde entier.

L’humanitaire, sans aucun doute, un héritage qu’elle tient de Monique Coulibaly, l’actuelle présidente nationale de la Croix rouge ivoirienne et fondatrice du bureau local de cette organisation internationale humanitaire. «C’est ma mère adoptive. C’est une femme toujours débout, prête pour les actions humanitaires. Et je suis fière d’avoir été éduquée par celle-là même qui m’a appris à me battre pour la vie. Elle est généreuse et se consacre à l’éducation sans réserve», relève Salimata à propos de Monique Coulibaly, qui l’a tellement marquée par ses qualités humaines, au point de vouloir « prendre un peu d’elle».

Sans hésiter, Salimata adhère donc à la Croix Rouge. C’était en 1993, se rappelle-t-elle. Lorsque le bureau de Korhogo ouvre ses portes, l’agent municipal qu’elle était alors n’hésite pas à s’acquitter de son droit d’adhésion de 5.000 F. Salimata fait ses premiers pas dans l’humanitaire, pour entrer des années plus tard, au Centre nutritionnel thérapeutique de la Cité du Poro. C’est donc le plus naturellement du monde que cette femme, nourrie à la sève du volontariat pour l’humanitaire décide, après la fermeture du centre, de travailler comme bénévole à la maternité de "Petit Paris"; tout en continuant de recevoir des femmes et des enfants à domicile, depuis le jour où on lui confia un bébé abandonné. "Ce jour là, j’ai compris que mon heure avait sonné. J’ai compris qu’il fallait faire quelque chose», confie aujourd’hui Salimata. Qui s’est rappelé certains propos qu’avait lancés, de manière anodine, sa mère adoptive entretenant le personnel du Centre nutritionnel thérapeutique de l’intérêt d’une telle structure dans la région du Poro.

«Ce centre est pour vous, pour vos frères et sœurs, vos enfants et vos mères. Vous devez porter secours et assistance à votre assistance. Soyez donc présents quand on aura besoin de vous», avait alors déclaré Monique Coulibaly; avant d’ajouter, au moment de partir pour laisser les membres du Centre nutritionnel thérapeutique accomplir leur destin et de celui du centre : «je vais laisser le flambeau à Sali. Suivez-la».

Aussi, lorsqu’elle se retrouve devant des enfants malnutris et des enfants abandonnés, Salimata comprend qu’elle a un défi à relever: faire tout pour que le centre nutritionnel thérapeutique ne ferme pas ses portes, faire tout pour entretenir le précieux héritage laissé par Mme Monique Coulibaly, le plus beau cadeau que cette maman pouvait donner à la région du Poro. « Il me fallait perpétuer son œuvre, parce que je me suis toujours dit qu’un jour elle me demanderait des comptes. Voilà pourquoi j’ai décidé de rouvrir ce centre », confie Salimata.

Aujourd’hui, le centre nutritionnel thérapeutique de Korhogo assure la prise en charge des femmes enceintes, allaitantes, des accompagnantes porteuses du Vih/Sida. Il en est de même pour les enfants  souffrant de malnutrition sévère et leurs accompagnantes venant des villages. Capacité d’accueil : 24 lits. Pour l’année 2010, ce centre a suivi 126 enfants malnutris, assisté 100 enfants orphelins du Vih /Sida en fournissant des vivres à ces enfants et à leur famille tutrices, accueilli 40 enfants abandonnés.

Face aux difficultés qui se présentent à elle –ni moyen, ni partenaire– Salimata Coulibaly est sur le point de se raviser. Puis de se rappeler ce que lui a enseigné sa "mère" Monique Coulibaly: « Ce que tu veux, tu l’auras », et de cette autre citation tirée de l’"Alchimiste" de Paulo Coelho: «Quand tu veux quelque chose, tout l'Univers conspire à te permettre de réaliser ton rêve.» Confortée par tous ces enseignements, Salimata décide alors d’ouvrir le centre nutritionnel thérapeutique. Et comme elle s’y attendait, l’Univers se fit complice.

Quelques jours après son ouverture, le centre accueille des bébés triplets abandonnés. Une équipe de la Force Licorne (détachement des forces armées françaises, sous commandement français, au maintien de la paix en Côte d'Ivoire) en patrouille lui rend visite et décide de l’aider en lui offrant des sacs de lait. Un engagement tenu jusqu’à son départ de Korhogo. Plus tard, c’est encore la Licorne qui permet au centre nutritionnel thérapeutique d’obtenir l’appui du PAM (Programme alimentaire mondial). Des vivres sont offerts au centre nutritionnel thérapeutique, jusqu’en novembre 2010. Et depuis, la vie des pensionnaires est assurée par les seuls moyens de bord du centre.

Tant bien que mal, Salimata Coulibaly essaie de faire fonctionner le centre avec le concours de trois aides-soignants, trois collaboratrices dont sa fille et une nounou; tous des bénévoles à qui Salimata verse une petite vacation de 10 000 f par mois en plus des vivres reçus du PAM dans le cadre d’un programme « Foods for work ».

Des projets, Salimata en a pour le centre nutritionnel thérapeutique de Korhogo. Elle a même obtenu de l’administration un local qu’elle souhaiterait pouvoir réhabiliter, afin d’accueillir les enfants dans le cadre d’une école maternelle. Ici encore, Salimata est convaincue que tout l'Univers, à travers des organismes humanitaires et/ou de bonnes volontés, conspirera à lui permettre de réaliser son rêve : aider les enfants abandonnés, les enfants déshérités qui, eux aussi, doivent pouvoir se sentir heureux de vivre sur la terre des hommes.

 

Renée Blassonny

La vitrine du développement local.La vitrine du développement local.La vitrine du développement local.

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