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Leçons de vie : YVETTE, L’OCTOGÉNAIRE MILITANTE POUR LA SCOLARISATION DES FILLES

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Leçons de vie : YVETTE, L’OCTOGÉNAIRE MILITANTE POUR LA SCOLARISATION DES FILLES

En son temps, elle n’avait pas eu la chance d’aller à l’école. Aujourd’hui, elle souhaite vivement qu’il en soit différent pour toutes les autres petites filles de Côte d’Ivoire. Yvette Apo Bokpè a saisi l’occasion de la célébration de son quatre-vingt-unième anniversaire pour inviter les parents à privilégier la scolarisation de la jeune fille.

A quatre-vingt-un (81) ans bien sonnés, elle garde encore quelque chose de sa beauté d’hier. Des yeux pétillants d’où s’échappe un vif regard. Un petit nez, court et étroit, entre deux pommettes rondes formant un visage serein et pas très allongé; un peu à la manière d’une poupée Ashanti. Du haut de son 1 m 65, pour environ 60 kg, Yvette Apo Bokpè n’a rien perdu de son charme, que révèle aujourd’hui sa tenue des grands jours.

Pour le haut, une camisole coupée dans un tissu satin blanc, signe de joie, avec des plis horizontaux et des manches bouffantes. Pour le bas, un riche pagne kita au couleur du soleil couchant autour d’une taille altière. Aux pieds, des sandales Abodjé, style ghanéen, assorties au pagne Kita; qui mettent bien en évidence ses doigts de pied de taille décroissante et relevés par un discret verni de couleur rose. A son cou, un collier de plusieurs rangées de perles d’ivoire, régulièrement relevées par des petites boules dorées et un pendentif en or massif; une magnifique parure qui met en valeur un visage affichant une sérénité, sous un foulard, également blanc, noué avec art.

Pour ses quatre-vingt-une saisons bien remplies, ses enfants et petits enfants ont tenu à célébrer Yvette. D’abord, pace que, dans ce petit coin du pays Lépin, où l’espérance de vie tourne généralement autour de 45 ans, avoir un ou une octogénaire dans la famille, c’est perçu là-bas comme une grâce. Ensuite, parce que, malgré son âge avancé, Yvette a plutôt bon œil bon pied. Interrogée sur le secret de cette bonne santé, l’octogénaire confie : «Je ne bois pas d’eau glacée. Je ne mange que les produits naturels. En plus, à l’époque, en parcourant environ plus de 3 km à pied en aller en retour, par jour pour me rendre au champ, c’était une façon pour moi d’entretenir ma forme».

Aussi, pour dire merci au Tout-Puissant de continuer de leur garder leur maman chérie, leur petite mémé, eux qui bénéficient encore de ses sages conseils et ses câlins, ses huit enfants (sur les neuf qu’elle a eus) et ses 39 petits-enfants ont décidé de lui faire fête. Et, c’est le Pr Yapo Angoué, l’un de ses fils qui joue le rôle de chef d’orchestre de la fête hommage. « C’est une mère courageuse qui a su nous soutenir, qui nous a tout donné. L’une des raisons de cette célébration, assez rare dans le département, est de lui témoigner notre affection pendant qu’elle est encore vivante. Surtout que la mort de son premier fils, Yapo Ahouchi dit Pergaud en 2008, ancien maire de la commune d’Alépé, l’a beaucoup affectée».

Pour Yvette donc, tout ce que Montézo (commune d’Alépé), compte de personnes du troisième âge, particulièrement les femmes, encore capable de se déplacer, a fait le déplacement de ce dimanche 26 août au domicile du Pr. Yapo Angoué. Au rythme de l’Akendé, une danse du terroir et au son de la fanfare, les invités rivalisent d’adresse.

La nourriture est servie. En abondance. La boisson coule à flot. C’est l’allégresse. On se lâche, on se taquine, on plaisante. Les langues de se délient, l’ambiance est bon enfant. Le moment semble tout indiqué pour tenter d’arracher quelques mots à Yvette. Qui n’est pas très bavarde, du reste.

A la question de savoir quel est le fait qui a marqué sa vie, Yvette prend un temps de réflexion, sonde sa mémoire. Et lâche : «J’ai perdu mon père à l’âge de 7 ans. Je n’ai donc pas eu la chance d’aller à l’école». Yvette, qui regrette de n’avoir pas eu la chance d’être scolarisée souhaite ardemment qu’il en soit différent pour les nombreuses petites filles de Montézo et des autres contrées de Côte d’Ivoire. Une militante de la scolarisation de la petite fille, qui ne dit pas son nom.

Sur les questions d’actualité, elle a sa petite idée, notamment sur la réconciliation nationale : « Que ceux qui ont la force pardonnent aux faibles». Comme pour dire que cette vielle dame, qui a vu le jour en 1931, demeure aujourd’hui, une femme de son temps. Ce que reconnait d’ailleurs le Pr Angoué, par ailleurs 1er vice président du Conseil général d’Alépé, pour qui Yvette Apo Bokpè, tout comme d’autres personnes de son âge pourraient être utiles, pour la localité. Ne serait-ce que pour leurs expériences de la vie.

 

Ravel Saint Evrard

Correspondant dans la région

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