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Riz : LA CÔTE D’IVOIRE EN SELLE POUR L’AUTOSUFFISANCE

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Riz : LA CÔTE D’IVOIRE EN SELLE POUR L’AUTOSUFFISANCE

La Côte d’Ivoire semble être résolument engagée, désormais, sur la voie de l’autosuffisance en riz. Le gouvernement et un groupe industriel singapourien viennent de s’engager dans un ambitieux projet rizicole qui devrait permettre d’accroître fortement la production de cette céréale dans les 5 grandes régions du nord-ouest du pays. Un autre projet du genre, porté par un groupe français de négoce, est en cours de réalisation depuis le début de l’année dans trois autres régions de la zone rizicole du nord qui suscite aussi de grands espoirs.

Le gouvernement a lancé, il y a quelques semaines, à Séguéla, un vaste projet rizicole qui devrait permettre d’accroître notablement la production la production du riz paddy dans la partie nord-ouest du pays. Ce projet, porté par Export Trading Group (ETG), un groupe industriel du Singapour, couvre 5 grandes régions du nord-ouest du pays, à savoir le Folon, le Kabadougou, le Bafing, le Worodougou et le Béré. Il porte sur la production, la transformation et la commercialisation du riz dans ces régions.

Le projet, selon les explications du ministre de l'Agriculture COULIBALY Mamadou Sangafowa, va conduire à «la création de 23 429 exploitations modernes» de riz, et de plus de 219 500 emplois pour les populations, dans ces mêmes régions. Il permettra, selon toujours le premier responsable de l’agriculture, aux régions cibles, de passer, au bout de trois à cinq années, de leur niveau de production actuelle, qui est de 488 000 tonnes, à 712 000 tonnes de riz paddy additionnel par an. A l’horizon 2020, la production annuelle de l’ensemble de la zone couverte par ce projet devrait atteindre 1 200 000 tonnes de paddy.

Un jour avant le lancement officiel du projet, soit le 8 novembre dernier, un accord cadre de partenariat public-privé a été signé entre la Côte d’Ivoire et le groupe ETG, qui consacre le début des activités de ce groupe industriel en Côte d’Ivoire. Cet accord prévoit les conditions dans lesquelles va se réaliser le projet. On retient notamment que le groupe industriel singapourien va apporter son appui à la production, la collecte et la transformation du paddy et la commercialisation du riz blanchi. Il prend par ailleurs en compte la collecte, la transformation et la commercialisation de la noix de cajou ; l’appui à la production, la collecte, la première transformation et la commercialisation du sésame. Il est en outre prévu que le groupe ETG implante des infrastructures de transformation dans les régions d’accueil ; et apporte des appuis en intrants et en équipements aux paysans producteurs.

L’accord cadre de partenariat privé-public signé entre la Côte d’Ivoire et ETG fait suite à une première convention du genre conclue au mois de février dernier avec une autre multinationale : le groupe français de négoce, Louis Dreyfus Commodities. Cet autre accord porte sur un autre projet de développement de la riziculture dans cette même zone rizicole du nord du pays. Il s’agit précisément, ici, des régions du Poro, de la Bagoué et du Tchologo.

Ce second projet, à l’exemple de celui porté par ETG, est financé conjointement par la Côte d’Ivoire et Louis Dreyfus Commodities, pour environ 30 milliards FCFA. Il doit permettre de quadrupler la production de riz des trois grandes régions concernées, en la faisant passer de 100.000 à 400.000 tonnes de paddy par an. Il prévoit également la création d’une unité de transformation pouvant blanchir annuellement 100.000 T de riz.

Le projet Louis Dreyfus Commodities, à ce qu’en disent ses promoteurs, va avoir un fort impact sur les conditions de vie et de travail de plusieurs milliers de petits paysans, qu’il devrait aider à sortir du cycle de la précarité et de la pauvreté. Les paysans-producteurs pris en compte sont au nombre de 50 000 à 60 000 personnes. Ces paysans, ainsi que le prévoit l’accord de partenariat, bénéficient d’un encadrement spécifique de la part l’entreprise partenaire, sur leurs propres terres. Et c’est là, comme l’a expliqué en son temps, le directeur général de ce groupe, Serge Schoen, que réside l’originalité du projet. «Ce sont des superficies qui appartiennent aux fermiers et qui restent donc ivoiriennes. Nous n’en seront pas les propriétaires. Par contre, ce qu’on espère, c’est que les terres exploitées passent d’une centaine de milliers d’hectares à 200 mille hectares», avait tenu à préciser le patron du groupe de négoce français.

Au total les deux ambitieux projets initiés par les multinationales Export Trading Group et Louis Dreyfus Commodities couvrent 8 grandes régions qui représentent quasiment la moitié nord de la Côte d’Ivoire, en ce qu’elle comporte de terres rizicoles. Ensemble ces deux projets, auxquels vont certainement s’ajouter d’autres du même genre, dans d’autres régions, représentent un grand pas vers l’objectif de l’autosuffisance en riz de la Côte d’Ivoire. Pourvu seulement qu’ils répondent aux nouveaux espoirs qu’ils viennent de susciter.

Au dire du ministre de l’Agriculture, toutes les régions réclament aujourd’hui leurs projets rizicoles et leurs partenaires. Il a notamment cité lors des visites de terrain qu’il a effectuées récemment au nord du pays, des régions de l’Indénié- Djuablin, du N’Zi-Comoé (N’zi, Moronou, Iffou confondues), du Gôh et de San Pedro. Les opérateurs ou partenaires en liste pour ces régions, selon le ministre Coulibaly Mamadou Sangafowa, sont plus ou moins déjà connus; et les études de préfaisabilité des projets concernés en cours de préparation.

Il faut dire que la demande en riz blanchi de la Côte d’Ivoire a atteint aujourd’hui 1.600 000 tonnes par an. Or la production nationale n’excède pas les 800.000 tonnes. Le gap enregistré conduit le pays à importer annuellement 800 000 tonnes supplémentaires pour couvrir ses besoins en riz. Le coût de cette dépendance alimentaire  est estimé, au bas mot, à 300 milliards FCFA/an, pour ces dernières années.

 

Ralph ABOUHO

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