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Anacarde: LA FILIÈRE CONNAIT UN REGAIN D’INTÉRÊT, MAIS…

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Anacarde: LA FILIÈRE CONNAIT UN REGAIN D’INTÉRÊT, MAIS…

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Anacarde: LA FILIÈRE CONNAIT UN REGAIN D’INTÉRÊT, MAIS…
LA NOIX AUX USAGES MULTIPLES
LA QUALITÉ EN TROIS ÉTAPES
LES TIC AU SERVICE DE LA FILIÈRE
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Cultivé,  ou le cajou a été révélé en Côte d’Ivoire, surtout dans les régions des savanes du nord, dans les années 60. Timidement, cette culture a fait son chemin grâce au dynamisme des paysans qui ont fini par en faire la deuxième culture de rente après le coton. Ces dernières années, l’anacarde ou le cajou a pris de l’intérêt pour tous : l’état, les producteurs et les exportateurs et les partenaires au développement. Il mobilise d’importantes énergies et moyens.

 

L’anacarde fait désormais le bonheur des paysans du Nord de la Côte d’Ivoire. Et cela, depuis que la libéralisation débridée de la filière coton, aggravée par la crise militaro-politique, a favorisé la mévente de l’or blanc; faisant de la culture de l’anacarde l’alternative au niveau des produits procurant des revenus substantielles aux paysans des zones septentrionales du pays. Ainsi de 500 tonnes en 1980, l’exportation de la noix de cajou a atteint 80.000 tonnes en 1999, puis 400.000 tonnes en 2010. L’anacarde, deuxième produit de rente des régions du nord après le coton, a positionné la Côte d’Ivoire comme deuxième producteur mondial, après l’Inde et le premier exportateur africain.

L’anacarde qui, au départ n’était pas une culture commerciale, a fini par s’imposer; grâce notamment à ses performances; amenant du coup l’Etat à s’y intéresser résolument à partir de l’année 2002. Le Ministère de l’Agriculture se charge alors de l’organisation de cette filière, afin de la redynamiser pour qu’elle contribue à améliorer, de façon durable, le revenu des producteurs. Un comité technique, composé des ministères techniques concernés (Ministères de l’Agriculture, de l’Economie et des finances, de l’Industrie et du Commerce) est alors créée pour réfléchir, avec les acteurs de la filière, à la définition d’une stratégie de développement de la filière et à trouver des solutions aux problèmes qui revêtent un caractère urgent. L’ARECA (Autorité de régulation coton anacarde) est créée, et la filière se dote d’une interprofession dite "Intercajou".

Malgré tous ces efforts, pour les producteurs, les recettes tirées de la culture de l’anacarde restent en deçà des bénéfices escomptés. Le 28 février 2008, lors de la "Première journée du cajou", les producteurs égrènent leurs problèmes devant le chef du gouvernement, qui était alors Soro Guillaume. «Il y a longtemps que nous espérions avoir droit à la parole pour dire nos problèmes et comprendre certains mécanismes au niveau de la filière », avait souligné leur porte-parole. Poursuivant son intervention, il dira à l’endroit du chef de gouvernement: «Oui, Excellence Monsieur le Premier ministre, nous avons des problèmes au chapitre desquels on peut citer: la non prise en compte des charges du producteur dans la fixation du prix du cajou; le manque d’encadrement; le manque de financement; le manque d’emballage de stockage du cajou; le prix d’achat varie souvent à la baisse selon le besoin de l’acheteur; le mauvais état de la voirie rend certaines zones de production inaccessibles pour l’évacuation à temps de la noix».

De fait, c’est en 1960 que la culture de l’anacarde fait son entrée en Côte d’Ivoire; avec la réalisation des premières plantations administratives. Environ 8.000 hectares d’anacardiers sont alors encadrés par la SATMACI (Société d'assistance et de modernisation de l'agriculture). Puis, à partir de 1972 par la SODEFOR (Société de développement des forêts) qui est allée au-delà des objectifs de protection et de reboisement qui lui a été assignés, à travers cet arbre. La même année est créée la Sovanord (Société de valorisation de l’anacarde du nord) pour en assurer la commercialisation. Puis, suit la création de l’AICI (Anacarde Industrie Côte d’Ivoire) pour le décorticage. Ces structures n’ont malheureusement pu sortir l’anacarde de l’ombre. Elles disparaîtront donc à partir des années 80. Alors même que la culture de l’anacarde, elle, avait déjà gagné le cœur des paysans.

C’est à partir des années 90, que la culture de l’anacardier commence à prendre véritablement racine dans les régions des savanes du nord. Ces dernières années, elle a atteint les régions des savanes du centre de la Côte d’Ivoire; où elle est en passe de devenir une culture de sédentarisation des populations jadis promptes à migrer vers les régions de forêts pour la culture du cacao et du café.

DES PERSPECTIVES HEUREUSES

C’est un fait indéniable, la culture de l’anacarde prend de plus en plus de l’intérêt en Côte d’Ivoire. Aussi, les partenaires au développement y voyant un véritable moyen pour lutter contre la pauvreté, envisagent-ils d’aider les producteurs à accroître la productivité et la qualité de la noix de cajou en Côte d’Ivoire. Ils recommandent aux producteurs d’adopter des méthodes respectueuses des impératifs sociaux et environnementaux. Ils leurs recommandent surtout de professionnaliser cette filière.

Au nombre de ces partenaires, l’Allemagne à travers la GIZ (Coopération Internationale allemande) l’ex-GTZ, sa structure de coopération. Qui a mis sur pied le "Projet GIZ-ICA" (Initiative du Cajou Africain) dans cinq pays africains (Côte d’Ivoire, Bénin, Burkina Faso, Ghana, Mozambique) d’une durée de 11 ans (2009-2019). La première phase de ce projet court jusqu’à mars 2013 (2009-2013) pour un coût global de 35,9 millions d’Euros. En Côte d’Ivoire, le projet concerne 60.000 producteurs repartis des régions pilotes qui correspondaient aux anciennes régions administratives qu’étaient les régions les Savanes, Vallée du Bandama, Zanzan, Denguelé-Bafing.

Le projet envisage de créer 3000 emplois et prévoit la mise en place de variétés améliorées de huit (8) pépinières de 5.000 plants chacune, la création de champs écoles, d’une cartographie du KOR (Kernel Output Ratio) au niveau de la zone de production et l’organisation des producteurs. Pour l’année 2012, l’ambition du projet est de développer les ventes groupées et de retenir les 100 meilleurs arbres de cajou.

Le projet a démarré en 2009 pour les trois premières régions. Et, en août 2010, pour la région du Denguelé-Bafing. Du bilan des premières activités menées par le projet fait MM. Touré Aboubacar et Kamara Moriba, respectivement responsables des coordinations de Korhogo et Odienné, au cours d’un séminaire de formation à Korhogo en février 2012, il ressort un certain nombre d’enseignements. Trois cents formateurs issus de l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader), des Ong et des coopératives ont été formés aux techniques culturales. A leur tour, ils ont formé 49.500 producteurs à l’entretien et à la création de plantation d’anacarde. Deux cents soixante-quinze (275) formateurs et 1.600 producteurs ont déjà été formés aux techniques de récolte et post-récolte.

Les producteurs ont aussi été initiés à deux idées assez novatrices pour la filière. Ils ont été formés au calcul du KOR (Kernel Output Ratio); c’est-à-dire, au calcul du pourcentage en bonnes amendes (qualité des noix) dans un sac de 80 kg. Et d’autre part à la séparation de la noix de la pomme, à la ficelle. L’ancienne technique consistait à séparer la noix par torsion; ce qui laissait une partie de la chair sur la noix. Et mettait en contact le jus de la pomme et la noix, altérant ainsi la qualité de la noix. La finalité de toutes ces innovations est d’améliorer la qualité du produit. Pour garantir la qualité de la noix, le projet prévoit de fournir gratuitement 50.000 sac de 80 kg en jute.

Aujourd’hui, le projet a gagné le cœur des producteurs; qui se réjouissent des premiers résultats sur le terrain. Mais aussi des perspectives heureuses qui s’offrent à la filière. «Nous constatons que des pays sont très intéressés par des programmes de formation. Parce que jusque là, il n’y avait aucune structure d’encadrement des producteurs. La filière sombrait. Mais, depuis l’arrivée du projet, nous constatons un regain d’intérêt. Le projet est donc arrivé à temps; car, sa présence même est une sorte de garantie de la filière et rassure tout le monde. Les bénéficiaires, ce sont les paysans. Les premiers résultats le montrent bien. Le prix du kilo est passé de 100 F en 2009 à 310 F en 2013. Il va donc permettre aux producteurs, non seulement d’améliorer la qualité de leurs produits, mais aussi d’améliorer leurs revenus. Il y a même eu de nouvelles plantations avec le projet. Nous leur demandons donc de suivre nos conseils. S’ils le font, nous pensons que les lendemains seront meilleurs pour la filière et pour le producteur», a soutenu Soro Komotioloma, chef de zone Anader de Boundiali et formateur principal dudit atelier. Pour sa part, Koné Tienvolo, délégué de l’"Intercajou" à Boundiali se félicite de l’arrivée de ce projet, qui œuvre pour la qualité de l’anacarde; projet dont les résultats sont prometteurs. Koné Tienvolo demande donc aux producteurs de respecter les conseils que leur donne cet atelier.

Quant à Mme Tuo Mariam, de l’unité de transformation de Karakoro, elle lance un appel aux décideurs pour qu’ils s’intéressent davantage à la filière. «Cet atelier est très instructif. J’en suis très satisfaite et j’ai désormais confiance en cette filière. C’est pour cela que je voudrais attirer l’attention des autorités….Car j’ai l’impression que cette culture est laissée pour compte au bénéfice du cacao et du café. En 2009, la Côte d’Ivoire était le premier producteur africain et le deuxième mondial après l’Inde. Malgré cela, les Ivoiriens ignorent tout de l’anacarde. Rien de particulier n’est fait pour promouvoir ce produit », a-t-elle dit.

 

 

Renée Blassonny

Correspondant régional



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