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Gestion des ordures: CHAQUE COMMUNE DE CÔTE D’IVOIRE DOIT AVOIR SA PROPRE DÉCHARGE

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Gestion des ordures: CHAQUE COMMUNE DE CÔTE D’IVOIRE DOIT AVOIR SA PROPRE DÉCHARGE

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Gestion des ordures: CHAQUE COMMUNE DE CÔTE D’IVOIRE DOIT AVOIR SA PROPRE DÉCHARGE
L’HISTOIRE DES DÉCHETS
GESTION DES DÉCHETS
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Dans le cadre d’une gestion rationnelle des déchets ménagers et solides, le ministère de la Salubrité urbaine a organisé récemment à Grand-Bassam un séminaire regroupant différents acteurs du milieu. A l’issue de cette, la Côte d’Ivoire s’est engée résolument dans une nouvelle ère en matière de gestion des ordures ménagères. Non seulement, il n’y aura plus de décharges à ciel, mais les déchets ménagers seront traités autrement.

Quelques temps après la clôture de ce séminaire, voici ici une contribution de M. BONI Adon, géographe urbaniste. Qui part du constat de la dégradation rapide de notre environnement, pour mettre un accent sur la valeur humaine, valeur qui, selon lui, s’effrite au fur et à mesure du temps.

Aujourd’hui, les autorités municipales ivoiriennes tentent d’améliorer la gestion des ordures ménagères en essayant de créer des centres de pré-collecte ou des centres de groupage en plein air dans les différentes communes du District d’Abidjan. Ce qui favorise une collecte rapide et ordonnée.

A Abidjan, le déversement récemment des déchets toxiques en Août 2006, provenant de l’Europe a causé d’énormes problèmes de santé publique. Des morts de personnes (supérieure à 10) et intoxication (au moins 100 000 personnes) ont été constatés dans plusieurs lieux de la Capitale économique. Vu les effets nocifs sur l’homme, la population d’Akouédo s’est opposée à recevoir les camions de ramassage. Ce qui a causé à cette époque la fermeture de la seule décharge pour plusieurs jours. On a constaté dans toutes les communes du District d’Abidjan, des entassements d’ordures dans tous les lieux, qui par l’action de l’air et de l’eau de ruissellement en tant de pluie, ont eu des effets négatifs sur la population Abidjanaise. N’oublions pas que ces déchets contiennent des bactéries de toutes sortes. C’est pour quoi, il faut rapidement prendre les dispositions nécessaires pour endiguer ce fléau en trouvant des solutions pérennes à la gestion des ordures dans la ville et les environs d’Abidjan, par un système de gestion moderne et efficace. De telles dispositions vont permettre de :

- Prévenir ou réduire la production et la nocivité des déchets,

- Organiser le transport des déchets par réemploi, recyclage ou toute action visant à obtenir à partir des matériaux réutilisables ou de l’énergie : citons le cas des plastics, des pneumatiques usagés qui peuvent servir dans les cimenteries pour combustion,

- Informer le public des effets pour l’environnement et la Santé Publique des opérations de production et l’élimination des déchets,

- Limiter le stockage définitif aux seuls déchets résiduels

- Le principe de participation, selon lequel chacun doit avoir accès aux informations relatives à l’environnement, y compris celles relatives aux substances et activités dangereuses.

Ce système de gestion moderne doit conduire à la création de centres d’enfouissement propre à chaque commune de Côte d’Ivoire par l’utilisation des espaces résiduels (talwegs, vallées à fond large ou plateaux inclinés) devient une nécessité.

Le séminaire sur la décentralisation qui s’est tenue à Abidjan il y a quelque temps a dû faire des recommandations pour trouver une solution durable pour un système de Gestion des Villes dans leur ensemble pour éviter ce qui s’était passé au 14 è siècle.

En effet, de 1346 à 1353, la peste noire a fait 25 millions de morts en Europe par l’effet des ordures mal gérées par les collectivités décentralisées. On peut se demander quels types d’ordures avaient-elles été déversées ? Que doit-on faire aujourd’hui pour palier à de telles pandémies similaires afin d’éviter des contagions des populations si des décisions rigoureuses n’y sont pas prises ? Aujourd’hui, c’est avec de satisfaction que le Ministère de la salubrité rend les villes assez propre.

Que doit-on faire des différents types de déchets ou ordures ménagères ?

Dans les centres de pré collecte des ordures, il faut procéder à des tris par des jeunes formés pour cette tâche d’abord pour réduire le taux de chômage et d’oisiveté au niveau de cette couche, ensuite séparer les matières plastics des matières solides, telles : les os, les boites de conserves, les ferrailles, les poteries et les autres matières solides. Ces matières doivent être sélectionnées pour ne laisser que les matières qui peuvent subir des transformations rapides en fumier pour l’agriculture. Il faut faire du compost avec les matières organiques à partir des différents types d’objets qui s’y trouvent. Il faut connaître la matière et sa durée de vie.

La durée de vie des déchets :

Si on laisse un déchet au bord de la route ou si on l’envoie au lieu d’enfouissement sanitaire, il ne disparaîtra pas de sitôt. Avant que le déchet ne se dégrade, il va falloir beaucoup de mois, parfois même des années. C’est ce qu’on appelle la durée de vie d’un déchet. Cette durée varie en fonction de la composition du déchet et des conditions atmosphériques qu’il subit. Voici quelques déchets avec leur durée de vie: (Voir illustration)

Ces quelques exemples de destruction par rapport à la durée de vie des déchets sont ceux obtenus dans un pays à climat tempéré où le temps d’ensoleillement est inférieur à la période froide. Dans les pays tropicaux, telle la Côte d’Ivoire où le temps d’ensoleillement est étendu toute l’année, la destruction des déchets peut subir les effets de l’atmosphère (air chaud et humide), c’est-à-dire que ces déchets peuvent subir une destruction moins longue que précédemment.

L’élimination de ces déchets solides doit interpeller toutes les couches sociales et ensemble, proposer des mécanismes de résorptions de ces déchets. Aujourd’hui, combien sont-ils les personnes intoxiquées dans le District d’Abidjan et certaines grandes villes de l’intérieur (Yamoussoukro, Bouaké, Man, Korhogo etc…) dû à une mauvaise collecte des ordures produits par les ménages.

VALORISATION DES DÉCHETS

La valorisation des déchets consiste dans le « réemploi, le recyclage ou toute autre action visant à obtenir, à partir de déchets, des matériaux réutilisables ou de l’énergie ». Il est important de penser à un système plus dynamique en relation avec le Ministère de la Santé Publique.

Le problème des déchets sous n’importe quelle forme, est mondial, mais leur méthode de gestion et leur qualité diffèrent d’un continent à un autre. Toutes fois, la quantité de déchets produits par l’ensemble des ménages en Côte d’Ivoire équivaut en moyenne à 3 000 tonnes par an. A peine, vous vous débarrassez des ordures entassées aux abords des rues, qu’en fin de journée vous retrouver le même monticule d’ordures dans les sites provisoires. Face à cette production massive et désordonnée des ordures, il convient de prendre des dispositions particulières dans les mairies pour leur élimination par système d’enfouissement ou d’incinération contrôlée.

L’enfouissement des ordures :

En Côte d’Ivoire, les ordures issues des ménages d’Abidjan sont enfouies à la seule décharge d’Akouédo. Ces ordures sont compactées et recouvertes de terre pour diminuer la pollution des villages environnant et des quartiers des dix communes d’Abidjan. Cette méthode est loin d’être la meilleure comme pratiquée dans plusieurs pays d’Afrique. Notre seule décharge constitue un handicap majeur pour près de 4,5 millions habitants de la population abidjanaise.

Le volume des déchets produits par jour sont difficilement collectées par les sociétés chargées de remplir cette tache dans les marchés, les quartiers et dans les zones industrielles. Une des causes majeures est l’installation anarchique des commerçants sur les trottoirs, dans les abords des marchés qui produisent un volume d’ordures complexes. Ces espaces sont moins sous le contrôle des agents municipaux chargés de veiller à la gestion de ces lieux de vente. Il y a là un véritable problème d’éducation où doivent suivre des sanctions ou amendes par les maires afin de discipliner le pollueur. Il faut pour cela installer des coffres aux abords des marchés ou des petites poubelles avec des sacs plastiques à l’intérieur pour une première collecte. Ensuite, la commune se chargera de les transférer sur le site choisit pour leur enfouissement.

Alors, chaque Maire à la possibilité de trouver le lieu d’enfouissement des ordures dans sa commune après une étude minutieuse du relief (définition des bassins versants, des talwegs, des plateaux et pentes) pour éviter la contamination des nappes phréatiques. Une telle étude peut être confiée à des structures qui en ont l’habitude, tel le BNETD.

Il revient que les lieux d’enfouissement comportent beaucoup de risques sanitaires. On trouve de la matière organique qui constitue la principale cause de contamination de ses sites. Sa dégradation produit du bio gaz qui est le résultat de la fermentation de la matière organique dans un milieu pauvre en oxygène et des eaux de lixiviation. Au cour de sa décomposition, une tonne de matière organique dans un milieu peut produire 150 à 200 m3 de bio gaz, capable de servir à la production de l’énergie. Ces décharges, bien contrôlées avec des mécanismes modernes serviront comme source d’énergie au fonctionnement de chaque commune du district d’Abidjan dans un premier temps avant une généralisation.

L’incinération contrôlée des ordures :

Cet aspect est la moins conseillée pour l’élimination des ordures présentant des effets par une intoxication plus accrue des populations par le transport du vent sur des kilomètres de rayon.

RECOMMANDATIONS

Pour ce faire, une commune doit avoir sa propre décharge contrôlée, posséder un parc auto fourni pour les enlèvements réguliers de ces ordures. Il faut réduire les circuits de collecte par un découpage rationnel des zones de dépôt avec plusieurs petites poubelles ou coffres à capacité variable 4 à 8m3, avec des abris pour les protéger contre les eaux de pluie. Ce qui allègerait les charges et va donner à la commune une propreté à l’image de certaines communes de l’intérieur, (cas de la ville d’Abengourou). La mise en place des coffres, nécessite l’achat de tracteurs spéciaux pour la pré collecte à travers des programmes en collaboration avec des partenaires extérieurs pour faire face aux impératifs budgétaires. Ce qui aussi réduirait le transport sur des kilomètres, des ordures de la commune de ramassage vers l’unique décharge d’Akouédo. Cette décharge finale ou générale doit être optimisée dans son utilisation, suivre les règles de santé publique pour créer un environnement sain pour la population. Cette procédure a l’avantage de moins polluer la population et de voir très peu de camions transporter des ordures dans la ville sur plusieurs kilomètres, abandonnant des déchets au cours de leur parcours.

* Ces matériaux spécifiques peuvent être incinérés vu leur durée de vie plus longue que les autres, exception faite sur la bouteille.

 

M. BONI Adon

Cartographe-Géographe,

Diplômé de l’ENSG-France

Licencié en géographie urbaine

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