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Investir en Afrique: IL EXISTE DES GÉNIES, DES ÉNERGIES, DU SAVOIR-FAIRE QU’IL FAUDRAIT INTERCONNECTER

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Investir en Afrique: IL EXISTE DES GÉNIES, DES ÉNERGIES, DU SAVOIR-FAIRE QU’IL FAUDRAIT INTERCONNECTER

Au moment où les nouvelles autorités ivoiriennes entendent impulser un nouvel élan à la diplomatie ivoirienne à travers l’éco-diplomatie, nous vous proposons cette contribution de Yao Ngoran, fonctionnaire au service du Développement social de l'ONU. Ce texte date de 2008, mais reste d’actualité. Lisez plutôt.

Evoquer le rôle et la responsabilité des diplomates et de la Diaspora africains dans l’accroissement de l’investissement en direction de l’Afrique revient, d’abord, à une interrogation qui tiendrait dans cette formulation lapidaire : Comment peut-on articuler une problématique de l’investissement en Afrique à partir d’un élargissement de ressources venant de l’extérieur ? A quel niveau pourrait-on, dans un tel projet, situer le rôle des diplomatiques et de la Diaspora africains ?

Comment l’architecture de l’investissement en Afrique peut-elle se dessiner, se recentrer et se déployer dans le cadre de ce qu’on appelle la  mondialisation ? Qu’est-ce qui peut être fait, en dehors des pratiques courantes pourtant essentiellement sur l’aide publique au développement ou la contribution des agences de développement, pour impliquer davantage les diplomates et les Africains vivant à l’étranger dans des projets beaucoup plus vastes de la renaissance de l’économie africaine ?

Quels sont les approches, méthodes et outils nouveaux dont l’usage pourrait amplifier les actions de diplomates et d’Africains de la Diaspora et comment cela saurait-il se construire en synergie avec les forces économiques du terroir pour éviter les écueils de la période de la génération perdue, celle des politiques et programmes d’ajustement structurel ? Quel visage humain faudrait-il imprimer à l’investissement en Afrique pour créer des richesses en vue de libérer les peuples africains de la hantise de la misère ?

Trois cheminements nous semblent importants à approfondir:

1. Susciter un nouvel élan de l’éco-diplomatie comme outil essentiel des relations entre nations

L’éco-diplomatie est devenue un concept opératoire à partir de la fin de la Guerre Froide. Elle se conçoit dans le contexte actuel débarrassé des pesanteurs politiques et géostratégiques induites par la Guerre Froide. Elle prend pour objet la quête de marché, la recherche d’investissements et la création de partenariats entre des pays d’une part, et d’autre part, entre des nations et de grands groupes économiques.

L’éco-diplomatie  est une approche qui relève d’un élan novateur et s’appuie sur les nouvelles technologies de l’information. Celles-ci sont elles-mêmes tributaires de l’ouverture des espaces de communication et d’information  que la fin de la bipolarisation du globe relative à la Deuxième Guerre Mondiale a rendue possible. Il s’agit du monde devenu le village planétaire ; c’est le monde de l’interconnexion entre les peuples et les nations par le biais des nouvelles technologies de l’information ;  c’est également un nouvel espace fait de l’interdépendance des nations, mais surtout du règne des grandes corporations supranationales, pour ne pas dire multinationales. C’est le monde dans lequel tout ce qui se fait à un coin est immédiatement su des autres coins. Le cadre d’expression de l’éco-diplomatie est le monde d’aujourd’hui dans lequel le destin des peuples et des nations est intimement lié.

L’éco-diplomatie suggère nécessairement la construction de nouveaux types de partenariat avec les milieux d’affaires et les politiques de nations industrialisées, de pays émergeants ou même de contrées ayant les mêmes caractéristiques économiques que celles d’Afrique. Ceci s’entreprend avec les diplomates dans un rôle d’interface, de facilitateur ou de catalyseur.

Sans se limiter ou abandonner ses missions traditionnelles de construction de ponts entre les nations pour le renforcement de l’amitié entre les peuples, la diplomatie trouve dans l’éco-diplomatie une nouvelle dynamique et de nouvelles méthodes de prospection d’investissements, de plaidoyer auprès des milieux d’affaires et sert de canal en vue de donner un souffle nouveau aux flux financiers, au transfert des connaissances vers l’Afrique.

2. Comment la Diaspora africaine peut-elle susciter des investissements en direction du continent ?

La Diaspora africaine est, pour un certain nombre de pays du continent, une source traditionnelle et substantielle de flux financiers en provenance de l’extérieur. Avec le développement de l’Internet et de la téléphonie cellulaire, ce secteur a connu un boom important depuis quelques années, ponctué par l’ouverture de compagnies nouvelles de transfert d’argent. Dans la situation générale de pauvreté que vivent les populations de la plupart des pays du continent, des Africains travaillant à l’étranger deviennent, par la force des choses, la seule source de revenus pour de nombreux ménages en Afrique.

Mais, comme le dit le proverbe, « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». L’argent envoyé par les Africains vivant hors du continent aux membres de leurs familles restés sur place est principalement destiné à la consommation, point à l’épargne pour soutenir l’investissement. Dans quelques rares situations, des Africains ayant économisé de l’argent à l’étranger se rendent en Afrique pour investir, essentiellement dans l’immobilier, rarement dans une entreprise débouchant sur la création  d’emploi.

Il serait salutaire de trouver des créneaux, des procédures et des méthodes, qui permettent aux Africains de la Diaspora, qui le désirent, d’investir, pour soutenir l’économie de leurs pays. Des structures qui seraient impulsées par des mouvements coopératifs, des unités de cogestion avec les collectivités locales devraient être explorées. Il faut, ici, revenir à l’exemple des Coréens et Chinois installés aux Etats-Unis, qui ont joué un rôle considérable dans le décollage économique de leurs pays, à partir des flux financiers qu’ils ont favorisés entre les deux pôles. Par ailleurs, des Africains de la Diaspora pourraient, avec l’appui des missions diplomatiques, s’associer avec des investisseurs dans les pays où ils se trouvent, pour créer des structures de partenariat au bénéfice de l’économie des pays africains.

Une grande partie du savoir dont l’Afrique a aujourd’hui besoin pour soutenir une économie fiable se trouve investie dans des pays du Nord où des Africains qualifiés dans divers domaines se font employés, quelquefois dans des conditions misérables, mais supérieures aux offres d’emploi dans leur pays d’origine. L’assainissement et la reformulation des économies du continent devraient s’opérer en pensant aux voies et moyens d’attirer non seulement des investissements en termes de flux financiers ou en matériel, mais également dans la création d’un cadre d’accueil et de rétention d’Africains formés dans les grandes universités du monde ou ayant acquis une grande expérience hors du continent. Ce faisant, on pourrait renforcer la classe moyenne qui, dans tout pays industrialisé, constitue la charpente sur laquelle tout se greffe pour bâtir un ensemble socioéconomique solide.

3. Comment l’investissement extérieur peut-il  intégrer le projet de renaissance africaine ?

Les enjeux de la mondialisation portés par les grandes corporations sont perçus comme des boulets qui étoufferaient les économies africaines, plutôt que des atouts leur permettant de bénéficier d’investissements conséquents en vue de vaincre la pauvreté et susciter le progrès en Afrique. Lorsqu’on parle d’investissement en Afrique, le premier niveau de compréhension qui apparaît généralement est celui des délocalisations pour un travail bon marché et mal rétribué dans des zones où existe une main-d’œuvre abondante ; l’installation d’industries polluantes répugnées dans les pays industrialisés mais permises par des concessions fiscales exorbitantes et laxistes ; ou l’asphyxie des unités économiques locales ayant une surface financière faible. Ce faisant, la plus importante dimension de l’économie locale végète dans l’informel.

Il faudrait dépasser ce premier niveau, pour créer un second fondé sur de nouvelles synergies de construction d’unités de transformation des produits tirés de la terre, de la forêt et des eaux africaines. L’Afrique devrait cesser d’être le réceptacle passif de capitaux ou le producteur de matières premières destinées au marché du reste du monde. Elle devrait définir elle-même les principes, le contenu et les méthodes par lesquels elle se fera une place de choix sur le plan économique mondial.

Les atouts de l’économie africaine ne sont pas uniquement dans l’industrie extractive des minerais du sous-sol des pays du continent. Il ne s’agit pas seulement de fruits d’une agriculture construite pendant la période coloniale pour servir de sources aux besoins de matières premières des pays industrialisés. Il existe des génies, des énergies, du savoir-faire en Afrique qu’il faudrait interconnecter pour construire des économies solides et autoentretenues, en vue de vaincre la pauvreté et retenir la main d’œuvre africaine tentée de fuir la misère par des moyens les plus illégaux et les plus dangereux.

Une diplomatie africaine orientée vers la quête d’investissements pour les économies africaines saurait trouver en des Africains de la Diaspora le premier point de contact vers les milieux d’affaires intéressés à investir dans l’Afrique, ses peuples et son génie.

 

Yao Ngoran

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New York, le 21 août 2008

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