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Carrefour de l’Indénié : ON ATTEND LES SOLUTIONS POUR SORTIR DU BOURBIER

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Carrefour de l’Indénié : ON ATTEND LES SOLUTIONS POUR SORTIR DU BOURBIER

Les Abidjanais sont toujours surpris qu’à la moindre pluie les rues de leurs quartiers, et même parfois aussi, leurs habitations, soient inondées. Les eaux boueuses chargées de toutes sortes de déchets qui dévalent certaines rues ont causé, par le passé, des drames en emportant sur leur passage de malheureux piétons et des automobilistes surpris par la violence des flots.

On a toujours eu beau jeu, dans la tourmente, de pointer d’un doigt accusateur les ouvrages de drainage, les canalisations notamment, et les services de l’administration en charge de leur suivi. Et elles ont bien raison, toutes ces personnes qui n’ont de cesse de se plaindre du peu de satisfaction que donnent ces ouvrages réalisés à coup de milliards de francs, et dont le rôle est de recueillir et d’évacuer les eaux de ruissellement loin des zones d’habitation et des voies de circulation.

Depuis les années 80 l’Etat a consenti d’énormes investissements dans le secteur de l’assainissement et du drainage. Mais ces investissements, du reste vite dépassés, ont fini par montrer leurs limites; tout autant que celles de leurs concepteurs d’urbanistes. A preuve, Abidjan et ses habitants ont régulièrement les pieds dans l’eau et la boue à chaque saison des pluies !

Les techniciens ont toujours eu des mots justes pour expliquer ces maux: c’est l’urbanisation galopante et désordonnée de la ville qui fait que leurs calculs ou prévisions sont presque toujours faussés, dépassés. Au fur et mesure que l’agglomération allonge ses tentacules, elle dénude et érode de nouveaux espaces. Et l’on sait que l’extension de ces espaces exposés à l’érosion accroit conséquemment les débits et volumes des eaux de ruissellement. De là à dire que les responsables des inondations ce sont les populations elles-mêmes, il n’ya qu’un pas. Mais la n’est pas le débat aujourd’hui…

Ce qui préoccupe actuellement, ce sont les solutions à mettre en œuvre pour sortir du bourbier. Par ce que la saison des pluies qui vient de commencer, ne sera certainement pas l’exception.

Si les toutes première pluies de cette saison sont passées quasiment inaperçues, c’est-à-dire sans faire de gros dégâts importants, tel n’a pas été le cas de la pluie torrentielle qui s’est abattue le vendredi 11 mai dernier sur la ville, causant d’énormes préjudices aux Abidjanais. A Treichville, Marcory, Attecoubé, à la Riviera-Palmeraie, pour ne citer que ces quartiers, de nombreuses habitations et voies de circulation ont été entièrement inondées et sont restées sous les eaux pendant de longues heures.

Le célèbre carrefour de l’Indenié, qu’on croyait désormais à l’abri des inondations, n’a pas échappé à la furia des eaux boueuses. Il a été, une fois encore, totalement submergé et coupé du reste de la ville pendant également de longues heures. Cela en dépit des travaux de grande envergure qui viennent d’y être réalisés, notamment pour le curage, le renforcement ou la réhabilitation des canalisations. Celles-ci n’existaient plus que de nom. Qu’est-ce qui a pu donc se passer ?

Le maître d’ouvrage attribue cette situation à l’existence d’un obstacle qui a entravé la conduite à bonne fin des travaux. Il s’agit d’un gros tube métallique de la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire (SODECI) qui passe juste au-dessus de la canalisation et qui aurait considérablement réduit les marges de manœuvres du conducteur de travaux. Le déplacement de ce tube nécessiterait, à ce qu’on dit, un investissement d’environ 230 millions de francs.

Les services de l’administration en charge du dossier ne peuvent et ne doivent reculer devant cet obstacle dont ils étaient logiquement censés connaître l’existence avant le démarrage de leurs travaux. Ils savent en outre que le traitement du carrefour de l’Indénié, pour utiliser leur propre langage, fait partie d’un programme d’ensemble portant sur le drainage d’un grand bassin (le bassin du gourou). Ce bassin part d’Abobo en direction de la baie de la baie de Cocody, via la route du Zoo d’Abidjan. Une grande canalisation et plusieurs barrages écreteurs de crues ont été mis en place entre 1981 et 1983 à l’effet de drainer tout le bassin.

Ce dispositif permet de recueillir une partie des eaux de ruissellement en provenance d’Abobo et de tout le secteur constituant la zone d’emprise du bassin (Plateau-Dokui, Zoo, Deux-plateaux ouest, Williamsville, Agban, Adjamé, Cocody Lycée technique etc.) pour les acheminer en direction du carrefour de l’Indénié et de la baie lagunaire.

Voilà d’où proviennent les énormes quantités d’eau qui aboutissent au carrefour de l’Indénié, à la moindre pluie. Leur destination, telle que prévue par les techniciens, c’est la baie lagunaire de Cocody. Mais leur lit (la canalisation) s’étant rétréci, ensablé et obstrué par des déchets de toutes origines, (sans compter la présence du gros tube de la SODECI qui conditionne sa pleine réhabilitation), les flots n’ont d’autre choix que de déborder de leur trajectoire normal, pour immerger tout le carrefour et l’environnement immédiat. Voilà la réalité des choses.

Les responsables de l’administration en charge du secteur de l’assainissement et du drainage qui se succèdent à la tête de ces services sont bien au fait de cette situation. Mais celle-ci n’a jamais semblé les préoccuper outre mesure. Autrem ent, pourquoi auraient-ils trainé les pas ou tourné autour du pot jusqu’ici ?

On a même vu, il y a 4 ou 5 ans, un ministre de la République faire effectuer des travaux d’embellissement à ce même carrefour. Il a fait planter des arbres et du gazon, là où il fallait impérativement faire intervenir des machines, des pelleteuses et autres excavatrices, comme on en vu à l’œuvre récemment,  pour effectuer des travaux en profondeur et non en surface. Mais la page est tournée. Les usagers de la route et les riverains ont compris, sur le tard, qu’ils ont été menés en bateau. Et l’argent du contribuable jeté à l’eau. Tout bonnement.

Maintenant que ce qui semble être le bon diagnostic a été posé, nous attendons tous l’application des thérapeutiques qui s’imposent véritablement pour sauver définitivement le carrefour de l’Indenié des eaux. On nous a suffisamment amusés, ici.


 

Raphaël N’GUESSAN

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