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Prix du cacao : DES PRODUCTEURS GROGNENT, LEGOUVERNEMENT RASSURE…

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Prix du cacao : DES PRODUCTEURS GROGNENT, LEGOUVERNEMENT RASSURE…

Les producteurs de cacao ne sont pas du tout contents de la manière dont le prix de ce produit a été fixé pour la campagne en cours depuis le 3 octobre. Ils disent n’avoir pas été associés à la prise de la décision qui a conduit à la fixation du nouveau prix. Sur le terrain le Conseil du Café-Cacao s’attèle à mettre en place le dispositif pour permettre à la campagne de se dérouler dans de bonnes conditions, avec en prime le contrôle du respect du prix arrêté et de la qualité des produits. Un bras de fer en perspective…

 

Les producteurs de cacao ont laissé éclater leur colère mardi dernier, au Cercle du Rail, à Abidjan-plateau, au cours d’une réunion du Conseil d’administration de l’ANAPROCI (Association Nationale des Producteurs de Cacao de Côte d’Ivoire), leur principale organisation. La raison de leur mécontentement : ils n’ont pas été consultés par le gouvernement et le Conseil du Café-cacao (CCC) lors qu’ils ont décidé de fixer à 725 FCFA le prix du kilogramme de cacao, pour la campagne 2012-2013. Au dire du président du Conseil d’administration de l’ANAPROCI, M. Boti Bi Zoua, c’est à travers les médias que la nouvelle leur est parvenue ; avec la diffusion du communiqué du Conseil des ministres ayant entériné cette décision. Et cela, l’ANAPROCI qui estime être un acteur et un partenaire incontournable de la filière ne peut ne peut l’admettre.

Deuxième point de mécontentement : la décision gouvernementale n’a été suivie d’aucune mesure d’accompagnement, comme cela est de tradition, pour faciliter la tache aux producteurs. On a, par exemple, ainsi passé sous silence, la question relative à la gestion de la sacherie.

Le président du Conseil d’administration de l’ANAPROCI et les 34 délégués régionaux du mouvement, arrivés des différentes régions de production de café-cacao, n’ont pas pris de gants pour dénoncer la mesure gouvernementale qu’ils n’entendent pas intégrer maintenant. «Nous avons été surpris d’entendre ce nouveau prix du kilogramme à 725 FCFA. Ils l’ont fait sans consulter la base. Et pourtant, le cacao n’est pas un produit qui se trouve sur les bords de la lagune Ebrié. Nous sommes les détenteurs exclusifs du cacao. C’est notre récolte. L’Etat de Côte d’Ivoire doit, quand il s’agit de notre produit, nous associer et trouver une solution à nos problèmes. Il faut qu’il nous associe maintenant aux grandes décisions », clame M. Boti Bi Zoua.

L’ANAPROCI, il faut en convenir, est depuis une décennie, le mouvement paysan le plus représentatif sur la scène. Il revendique 1500 milliards d’actifs. C’est ce qui lui donne tout son poids. Et M. Boti Bi Zoua et ses camarades ne le savent que trop. "Il y a, déclament-ils, plus de 3 millions de personnes qui vivent de ce secteur. C’est lui qui tient l’économie du pays depuis plusieurs décennies(…) L’Etat tire son profit sur les revenus du café-cacao. Il faut aussi que les producteurs en fassent autant (…) Tout le problème est de savoir quel sort on réserve aux producteurs. Est-ce qu’ils sont un maillon essentiel du développement de ce pays ? Si tel est le cas, il faudrait qu’on revoie les copies ».

M. Boti Bi Zoua va plus loin encore, usant de menaces à peine voilées «  Nous allons mettre à profit les deux semaines qui nous restent pour notre assemblée générale, pour reprendre langue avec l’autorité de régulation et le ministère de l’Agriculture, pour qu’ensemble on détermine la marche à suivre. Il faut, qu’une fois pour toutes on nous écoute ».

Les responsables de l’ANAPROCI se plaignent des conditions dans lesquelles le nouveau prix du cacao a été fixé. Mais ils ne disent rien, ou presque, sur la question de fond qui aurait pu constituer la trame du vrai débat, en lieu et place des faux-fuyants : le niveau du nouveau, soit 725 F le kilogramme, leur convient-il, oui, ou non ? Là-dessus, pas de réponse précise : " le tout, se contente de dire M. Boti Bi Zoua, n’est pas de fixer un prix. Il faut aussi des mesures d’accompagnement. Même à 1000F Cfa, s’il n’y a pas de mesures d’accompagnement, on revient à la case départ",

Pour le gouvernement les enjeux, tels qu’ils ont été exposés par le ministre de l’agriculture, M. Mamadou Sangafowa Coulibaly, à la cérémonie officielle d’ouverture de la campagne, ne souffrent d’aucune ambigüité : « Il s’agit de garantir des revenus plus stables et plus élevés aux producteurs. Le paysan est celui qui crée la richesse. Il ne sera plus celui à qui on réserve le prix résiduel, car c’est lui qui crée la richesse ».

Autre précision de taille apportée par le ministre de l’Agriculture, relativement à la situation de la dernière campagne où le prix de référence fixé est plus élevé : « Il est vrai, relève-t-il, le prix du kilogramme du cacao était de 1000 Fcfa, mais c’était un prix indicatif et le cacao s’achetait à 600 FCFA/kg, voire 500 FCFA ou 400 FCFA » ; ce qui n’était pas à l’avantage du producteur

Le nouveau prix du cacao dont le mode de fixation fait l’objet de contestation de la part de l’ANAPROCI est un prix minimum garanti bord champ obligatoire, qui s’impose à tous les opérateurs, sur toute l’étendue du territoire national. Il est également le même pour tous les planteurs. Et le gouvernement a fait savoir à tous qu’il entend le faire respecter. Un dispositif de contrôle a été mis en place à cet effet. Un « bataillon » composé de 868 personnes, dont 368 agents du Conseil du Café-Cacao et 500 de l’ANADER (Agence Nationale d’Appui au Développement Rural) a été déployé dans 13 délégations régionales couvrant toutes les zones de production, pour s’assurer que le prix fixé est respecté ; et que par ailleurs,  les paysans se conforment, de leur côté, aux normes de qualité arrêtées, c’est-à-dire, grosso modo, un cacao bien fermenté, bien trié et bien séché, avec moins de 9% d’humidité.

On va, assurément, tourner le dos aux anciennes pratiques qui consistaient à fixer un prix indicatif pour la campagne, quitte aux acheteurs à l’enlever aux producteurs à des prix, modulés à la tête du client, qui leur permettaient de s’octroyer le maximum de marge. Au détriment des producteurs.

Cette fois les règles du jeu paraissent bien plus claires. Sur le prix minimum garanti de 725 Francs, 60% du CAF reviennent de droit aux producteurs, quand les intermédiaires et l’Etat se partagent les 40 autres pour cent ; à raison de 22% pour les premiers et 18% pour le dernier, c’est-à-dire l’Etat, « l’arbitre » qui édicte les règles ; et à qui reviennent le droit régalien, le devoir et le privilège de les faire respecter. Pour éviter les dérives.

Raphaël NGUESSAN

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