Warning: Creating default object from empty value in /home/ivoiregion_acces/ivoiregion.net/plugins/system/jat3/core/joomla/modulehelper.php on line 320
D’Alépé à Aboisso-Comoé: UN PARCOURS DU COMBATTANT D’AU MOINS 5 HEURES

Screen

Profile

Direction

Menu Style

Enquêtes / reportages D’Alépé à Aboisso-Comoé: UN PARCOURS DU COMBATTANT D’AU MOINS 5 HEURES

D’Alépé à Aboisso-Comoé: UN PARCOURS DU COMBATTANT D’AU MOINS 5 HEURES

  • PDF

En cette période de fortes pluies, se rendre à Aboisso-Comoé, l’une des sous-préfectures du département d’Alépé distant seulement de 70 km est un véritable parcourt du combattant. Toutefois pour toucher du doigt les réalités de cet axe tant décrié par les automobilistes ou autres propriétaires d’engin, nous prenons la résolution de nous y rendre. Reportage.

En prenant la résolution de relier Aboisso-Comoé, chef-lieu de sous-préfecture située à 70 km d’Alépé, par la route le 12 juin dernier, nous étions loin d’imaginer le calvaire que nous allions vivre; en dépit de ce que de nombreux amis avec qui nous avons fait part de notre souhait nous déconseillaient d’emprunter cette voie. Beaucoup plus par témérité que par curiosité, nous décidons de mettre à exécution notre projet. Pour les besoins de la cause, nous sollicitons les services de Kouamé K., propriétaire d’une moto. Celui-ci accepte; à la seule condition que nous nous acquittions des frais de carburant qui s’élèvent à 10 000F CFA. Le marché conclu, nous prenons la route sur le coup de 13h, sacs au dos à la manière des touristes européens. Une trentaine de minutes après avoir quitté la ville d’Alépé, nous voici à "goudron cassé" sur le tronçon menant à N’zikro.

Ici le bitume a foutu le camp sur près de 500 mètres, pour faire la place à la terre rouge. Par prudence, notre pilote nous demande de descendre pour éviter une chute. Surtout qu’il n’a pas la maîtrise de cet engin à deux roues. Cela fait à peine trois mois qu’il s’est offert cette moto. Apres le point dénommé "4 croix", nous fonçons tout droit vers la nouvelle sous-préfecture de Bongo, dans le département de Grand-Bassam, après avoir traversé des hectares de plantations d’hévéa, propriété de la Saph.

14h 30, Allosso2 nous ouvre ses bras. Quelques minutes d’échanges avec des connaissances habitant ici, et nous reprenons la route. Notre pilote du jour tente d’éviter un passage boueux. Mais, manque de pot, nous nous retrouvons à même le sol. Péniblement, nous nous relevons et constatons, fort heureusement, qu’aucun de nous n’est blessé.

Le trajet donc peut se poursuivre. Nous dépassons de nombreuses personnes qui, elles, font de longues distances à pied, bagages sur la tête. L’une d’entre elle nous expliquera qu’à cause du mauvais de la route, les véhicules sont rares sur ce tronçon. Une institutrice rencontrée sur notre chemin renchérit, qui témoigne que, depuis plusieurs jours, les véhicules qui avaient l’habitude de livrer du poisson dans les différents villages et hameaux situés sur ce tronçon ne s’y aventurent plus. Au grand désarroi des populations. A 18heures, soit plus de 5 heures de temps après avoir quitté Alépé, nous voilà à Aboisso-Comoé, localité dotée de trois écoles primaires publiques, d’un marché couvert et d’un dispensaire réhabilité par des Italiens en 2006.

Ici, pour pallier le déficit d’électricité, de nombreux groupes électrogènes, dont le vrombissement perturbe la quiétude des populations. C’est à ce prix qu’ici, on s’éclaire, fait fonctionner certains appareils électroménagers (télévision, radio) équipant certains domiciles, fait marcher une photocopieuse sollicitée par les enseignants ou autres agents de l’Etat, fait fonctionner les réfrigérateurs et congélateurs des nombreux bars, charger les batteries de portable, etc.

Certainement, pour nous réconforter après les difficultés de parcours que nous venions de vivre, nos amis qui nous attendaient à Aboisso-Comoé nous content le calvaire qui l’habitude qui est le leur sur cette route. «Des cars desservent Abidjan, mais en cette période pluvieuse, certains chauffeurs ont garé, de peur de casser leur véhicule», rapporte un directeur d’école. Les autres qui suivent la causerie abondent dans le même sens. Les uns et les autres rapportent que, c’est très souvent qu’en empruntant ce tronçon, ils se voient contraints de pousser les cars lorsque ceux-ci s’enfoncent dans la boue ou échouent dans le décor en montant les côtes. On nous fera même part des accidents de circulation impliquant fréquemment les motocyclistes roulant à vive allure.

Le lendemain 13 juin, nous prenons le chemin du retour; laissant derrière nous, cette brave population d’Aboisso-Comoé; au nombre de qui de nombreux producteurs cacao, café, hévéa palmier à huile et autres vivrier. Qui éprouvent de grandes difficultés pour acheminer le fruit de leur dur labeur vers le port et les marchés de la capitale économique, Abidjan. Si seulement si, les pouvoirs publics pouvaient consentir à leur faciliter la tâche, à aider ces populations à améliorer leur cadre et leurs conditions de vie. Ne dit on pas que la route précède le développement ?

 

 

RAVEL Saint-Evrard

Mise à jour le Jeudi, 18 Juin 2015 21:18

La vitrine du développement local.La vitrine du développement local.La vitrine du développement local.

Nos prestations

Nos partenaires

Sigma journalistes conseils

Rejoignez nous sur :