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Le karité : DU BEURRE ET DE L’ARGENT Á GOGO… - UNE AFFAIRE DE FEMMES ?

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Le karité : DU BEURRE ET DE L’ARGENT Á GOGO… - UNE AFFAIRE DE FEMMES ?

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Le karité : DU BEURRE ET DE L’ARGENT Á GOGO…
UNE AFFAIRE DE FEMMES ?
LA PRODUCTION CONCENTRÉE EN AFRIQUE
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Sur le terrain, la réalité est telle que ce sont les femmes qui sont les gardiennes, voire les propriétaires de l’arbre Karité. Aucun paysan sensé ne peut donc discuter cette exclusivité à sa femme. D’abord, parce que, dit-on, seules les femmes ont le pouvoir d’apaiser les esprits de l’arbre, par leurs chants et danses, puisque le karité est considéré comme un arbre sacré, que l’on ne doit jamais couper ni abîmer. Ensuite parce que seules les femmes ont la patience nécessaire que requiert la production du beurre de karité. Ce sont donc elles qui parcourent la brousse pour ramasser les amandes  tombées ; les concasser et les cuire. Ce sont les mêmes femmes qui vendent les amandes séchées.  A défaut de les vendre telles quelles, elles les transforment pour produire de la matière grasse. Pour ce faire, elles malaxent les graines jusqu’à l’obtention d’une pâte compacte couleur chocolat. Cette pâte sera mise dans une marmite d’eau bouillante; jusqu’à ce que le beurre apparaisse au-dessus de l’écume. Elles peuvent alors le recueillir et le laisser reposer jusqu’à refroidissement. Après quoi, le beurre de karité est mis sous forme de galette ou roulé en boulettes, pour être mis en vente sur le marché.

A Korhogo, ce sont, en majorité, les femmes qui font le commerce des amandes séchées et du beurre de karité. Ici, elles doivent faire face à la concurrence que leur livrent les hommes. En effet, ces derniers, plus fortunés et apparemment mieux organisés, collectent eux aussi les amandes ; non pour les vendre sur le marché local, mais, pour les exporter.

De là à dire que la cherté de l’amande sur le marché est le fait d’un ″Blanc″, dont personne ne connaît le nom et que personne n’a d’ailleurs jamais vu, il y n’a qu’un pas que de nombreuses femmes de Korhogo franchissent allégrement. A en croire ces femmes, «ce Blanc a beaucoup d’argent. Et quand il arrive à Korhogo, il achète de grandes quantités d’amandes. Dans ces conditions les femmes augmentent le prix», explique Coulibaly Awa,  la présidente du groupement Chigata de Natio Kobara.

Comme bien d’autres femmes de Korhogo, Yéo Fanta, du Groupement des productrices Yrédemin de Tchékérézo, n’a pour toute activité que la production du beurre de karité. «Je ne vais pas aux champs. Mais, avec l’argent que je gagne en produisant du beurre de karité, j’aide mon mari dans les travaux champêtres. Je paie des manœuvres, qui font le travail qui me revient aux champs. Parfois même, ils font une partie du travail de mon mari. Il est donc content et ne se plaint pas du fait que je ne vais pas aux champs avec lui», soutient-elle, dans un éclat de rires; précisant qu’elle aide aussi son mari à scolariser leurs enfants. Ce que confirment ses sœurs qui, de temps à autre, n’hésitent pas à ajouter et à souligner des détails, nourrissant ainsi la conversation.


Face à la concurrence que leur livrent les hommes, avec «leur beaucoup l’argent» (entendez leurs grands moyens), les femmes, elles, tentent de mieux s’organiser. Pour, non seulement tirer le meilleur profit de leur activité, mais aussi pour pouvoir bénéficier de l’appui des partenaires au développement.

Trois groupements féminins de Korhogo (Chigata de Natio Kobara, Tchérégnimin et Yrédemin) et deux de Ferkessédougou (Sorimakidjo et Womiengnon) ont pu déjà bénéficier, ainsi, de l’appui financier de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et du PNUD (Programme des nations unies pour le développement), pour une enveloppe globale 64.484.868 FCFA. Ce soutien financier a permis aux groupements bénéficiaires de se construire des sièges avec bureaux, des salles de réunion et des magasins de stockage. Les 5 groupements concernés regroupent 423 femmes.

Coulibaly Awa explique que le financement obtenu a aussi permis de mettre en place un fonds de roulement de 4 millions de francs, pour couvrir les besoins en financements des 138 femmes de Chigata de Natio Kobara, son groupement. Ce fonds leur  permet d’acheter des amandes séchées. Pour cela, des prêts remboursables sont consentis à chacune d’entre elles. Coulibaly Awa assure qu’avec ce projet, les femmes de son groupement se montrent davantage déterminées; car leurs maris ne leur font plus des histoires à n’en pas finir, comme par le passé. Ils savent désormais où vont leurs femmes et ce qu’elles font exactement de leur temps.

La présidente de Chigata de Natio Kobara, que nous avons rencontrée un matin au siège de son groupement, nous fait savoir que son groupement venait de payer cash à ses membres environ 2.5 tonnes de beurre à raison de 425 F/kg. Ces produits allaient être stockés pour être vendus plus tard, quand le prix du kg d’amande sera au meilleur niveau ; soit à 600 F/kg ou même plus. Le bénéfice réalisé sera reversé dans la caisse commune en vue de renforcer le fonds de roulement. Question de permettre au groupement de parvenir, à terme, à consentir des prêts plus consistants à ses membres. Coulibaly Awa souhaite que gouvernement, les élus locaux, les partenaires au développement aident les femmes Korhogo et de Ferkessédougou à se doter de fonds de roulement plus consistants, pour leur permettre de supporter la concurrence face au fameux ″Blanc″, qui fait pratiquement toujours main basse sur toute la production d’amandes de la région. « Il y a des périodes, assure-t-elle, où le ″Blanc″ vient ramasser toutes les amandes et puis, nous, nous ne pouvons pas travailler ».

 

R.B

 

 



Mise à jour le Mercredi, 16 Mars 2016 12:07

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