Warning: Creating default object from empty value in /home/ivoiregion_acces/ivoiregion.net/plugins/system/jat3/core/joomla/modulehelper.php on line 320
Gagneurs: À ADIAKÉ LES HANDICAPÉS SE DONNENT LA MAIN, POUR ÉVITER DE LA TENDRE

Screen

Profile

Direction

Menu Style

Gagneurs: À ADIAKÉ LES HANDICAPÉS SE DONNENT LA MAIN, POUR ÉVITER DE LA TENDRE

Pour avoir perdu tout ou partie de leur capacité de mouvement, dont les causes peuvent être très variées –partant de la maladie acquise ou génétique, à la malformation congénitale, au traumatisme dû à un accident– les handicapés physiques ne sont pas pour autant des personnes diminuées psychologiquement. Bien au contraire. En tout ca, à Adiaké, ceux qui se sont regroupés au sein d’une association font montre de leur mental de gagneur. Portant fièrement leur handicap, ils osent braver avec un courage admirable, les railleries et les humiliations de leur entourage, pour relever le défi de leur destin.

A Adiaké, les handicapés physiques ont vite compris l’adage qui dit que "l’union fait la force". Le 9 mai 1999, ils se sont donc regroupés au sein d’une structure locale de 45 membres qu’ils ont mises eux-mêmes en place; laquelle structure s’est affiliée, la même année, à l’Association Nationale des Handicapés Physiques de Côte d’Ivoire (ANAHPCI). Comme pour montrer qu’ils rêvent grand, les handicapés physiques d’Adiaké ont pris la ferme résolution de ne pas tendre la main. Mieux, ils ont décidé se sortir, eux-mêmes, du cercle vicieux d’éternels assistés; pour accorder une grande place à la solidarité entre handicapés. Rassemblés et unis derrière leur président COULYBALY Tchègbè Paul, ils veulent s’insérer dans le tissu socioprofessionnel et prendre entièrement leur part dans la vie économique de leur ville, Adiaké.

Pour bien faire les choses, Pablo, comme l’appellent affectueusement ses frères d’infortune, a commencé par former un bureau de 12 membres: les "12 Apôtres", comme se plaisent à l’appeler les handicapés d’Adiaké, eux-mêmes. Il s’agit d’un petit comité de réflexion qui a à charge de concocter des projets et programmes d’activités.

Première activité initiée: l’"Opération carte d’adhésion". A l’aide de leurs béquilles pour les uns ou, à bord de roulettes pour les autres, Pablo et ses "12 Apôtres" bravant les rayons ardents du soleil ou les rafales de vent sous la pluie, se mettent à parcourir la commune d’Adiaké et les villages environnants de Roa, Kakoukro, Attiékro, Djiminikoffikro, Assomlan, Mélékoukro et Etuéboué pour demander aux personnes frappées d’un handicap physique de se joindre à eux. Moyennant l’acquisition d’une carte de membre vendue à 1000 F CFA.

A rythme de leur incapacité physique (cela leur a pris des mois), les "12 Apôtres" parviennent à établir un fichier retraçant avec précision la situation des handicapés physiques à Adiaké. Après quoi, des objectifs sont fixés, que Pablo et son équipe s’efforcent d’atteindre. Il s’agit, notamment, de rassembler et organiser les handicapés physiques, quelles que soient leurs conditions sociales. Avec à la clé, des activités diverses telles que la pratique du sport, l’intégration sociale, l’alphabétisation, la scolarisation…

Pablo et ses "12 Apôtres" se rendent à l’évidence que, pour réaliser leurs aspirations, il va leur falloir quelques ressources financières; qui, naturellement, font leur défaut. La question des fonds reste donc entière. Vont-ils abandonner le projet de leur vie, ou rechercher des moyens pour le réaliser ? Très vite, ils se souviennent que la solidarité est une valeur africaine qui persiste encore dans nos contrées. Surtout en pays Ehotilé. Ensemble, Pablo et ses "12", qui s’étaient juré de ne plus tendre la main, se décident à se départir de leur égo. Ils se souviennent de cette sagesse africaine qui enseigne: «Que suis-je et que puis-je sans les autres ? En arrivant j'étais dans leurs mains; En m'en allant je serais encore dans leurs mains». Le temps de mettre en route leur projet, ils consentent donc à tendre la main, pour une fois. Avec la ferme conviction et l’assurance que les fonds qu’ils pourront recueillir leur serviront de capital initial pour leur entreprise.

Des courriers sont alors adressés dans ce sens à plusieurs structures de la place… Seul le Conseil municipal d’Adiaké prête une oreille attentive à leur requête. Soucieux du soutien qu’il doit apporter aux personnes handicapées en matière d’action sociale, l’équipe dirigée par M. Georges Ahua kassi accepte de contribuer à la réalisation du projet initié par Pablo et ses "12 Apôtres". En deux étapes, le Conseil général décaisse respectivement les sommes de 100 000F et 200 000F.

Pour démontrer son sérieux et l’intérêt qu’elle porte à son projet, l’association des handicapés d’Adiaké ouvre un compte bancaire pour déposer son avoir et rassurer, par la même occasion cet unique bienfaiteur que Pablo et ses amis n’ont de cesse de remercier et de bénir.

Avec le fonds mis à sa disposition, l’association des handicapés d’Adiaké procède, progressivement, à porter assistance à ceux de ses membre qui détiennent un petit commerce, à ouvrir des ateliers de blanchisserie et de couture pour les membres à jour de leur cotisation. Quitte, à eux, de rembourser le capital prêté afin d’accorder des prêts à d’autres.

Cette approche, au dire du président Pablo, marche sans accrocs. Les bénéficiaires de ces prêts, eux, éprouvent une grande fierté au vu de leurs petites affaires qui se portent de mieux en mieux dans leurs domaines d’activité respectifs. Mieux, ces nouveaux entrepreneurs que d’aucuns considéraient jusque là comme des rebuts de la société, du seul fait de leur infirmité, deviennent, petit à petit, autonomes, se prennent désormais en charge.

Forts de leur relatif succès dans les affaires, les handicapés physiques d’Adiaké n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin. Ensemble, ils décident de créer un champ de manioc. Ils obtiennent, par location, une parcelle de terre de 1 ha aux environs de Roa, un village de la commune; qu’ils mettent en exploitation en s’attachant les services d’une main d’œuvre contractuelle. La première récolte est diversement appréciée. Toujours est-il que, pour l’investissement de 180 000F réalisé, l’association livre sur le marché 4 chargements et demi d’un véhicule bâché, à raison de 40 000F F CFA de recette par chargement. C’est à-dire, tout juste, de quoi couvrir les charges de production. Déterminée à tenir son pari, l’association, avec toujours à sa tête Pablo, remet aussitôt le couvert; une deuxième campagne, dont la production est attendue avec beaucoup d’espoir.

A l’association des handicapés physiques d’Adiaké, les élèves et étudiants ne sont aussi pas en reste. En effet, 4 étudiants et 6 élèves ont bénéficié d’une aide, à travers notamment des prises en charge accordées par certains bienfaiteurs. Toutes choses qui ont permis aux uns et aux autres de réaliser de belles performances académiques et scolaires dans leurs établissements respectifs. La palme d’or de ces résultats revient incontestablement à l’un des membres de l’association de Pablo, qui a réussi à décrocher un poste à la fonction publique.

Pour cet exercice 2012, Pablo et les siens ont de nombreux projets. Ils veulent installer certains des leurs dans des ateliers de cordonnerie, former d’autres aux métiers de la couture, de la coiffure et de la mécanique. Mais aussi, d’ouvrir un cyber café grâce, notamment à d’éventuels dons en matériel informatique. L’association projette également d’acquérir une ou 2 bâches et des chaises à mettre en location afin de diversifier ses sources de revenus. Le dernier chantier qu’entend ouvrir Pablo, est d’entreprendre des démarches auprès d’éventuels bienfaiteurs en vue d’acquérir des équipements de mobilité (béquilles, tricycles, et autres chaises roulantes) pour permettre aux uns et aux autres handicapés de se déplacer plus facilement. Sans oublier la prise en charge sociale et médicale des membres de cette association eu égard à certains handicaps physiques prononcés.

SABARI KONAN

La vitrine du développement local.La vitrine du développement local.La vitrine du développement local.

Nos prestations

Nos partenaires

Sigma journalistes conseils

Rejoignez nous sur :