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KOYATÉ Mohamed : «SI RIEN N’EST FAIT…, TOUTE PROMOTION TOURISTIQUE SERA VAINE»

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KOYATÉ Mohamed : «SI RIEN N’EST FAIT…, TOUTE PROMOTION TOURISTIQUE SERA VAINE»

L’intérieur du pays est aujourd’hui laissé pour compte en matière d’activité touristique. Dans cette interview, Kouyate Mohamed (Président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière) pense qu’il est aujourd’hui nécessaire de relancer la promotion du Tourisme en Côte d’ivoire. Surtout dans les deux grandes zones que sont Korhogo et Man, qui sont dotées d’énormes potentialités touristiques à faire découvrir.

 

 

M. le Président, quels sont les différents secteurs du Tourisme auxquels s’intéresse votre Fédération ?

La Fédération nationale de l’industrie hôtelière regroupe les hôtels, les restaurants, les bars, les night clubs. Sur l’ensemble de notre ressort territorial, nous avons, aujourd’hui recensé environs 79 maquis que nous estimons capables d’accueillir du monde. Nous avons aussi répertorié 26 hôtels homologués, 7 bars, 1 night club… Nous pouvons estimer tout cela entre 175 à 200 établissements dans notre secteur. Ainsi, dans le secteur de l’hôtellerie, nous estimons la capacité d’accueil de Korhogo à environ 300 lits où l’on peut correctement  dormir. Mais, si nous parlons en termes de touristes, cette capacité n’est pas suffisante. Nous ne disposons même pas d’un hôtel de 60 chambres à Korhogo, alors qu’il nous faut des hôtels d’au moins 100 chambres.


Il y a donc, aujourd’hui à Korhogo, un besoin d’investissement dans ce secteur. Il faut que les promoteurs s’orientent aussi vers l’intérieur du pays, qui est en train de mourir. Mais, tout cela a besoin d’une bonne promotion. A l’époque, il y avait au ministère un Service de la promotion touristique. Quand, par exemple, il y a de grands séminaires, de grandes manifestations à Abidjan, nous pensons que le ministère, qui doit être à l’affût, devrait en faire  bénéficier à l’intérieur du pays.

Nous pensons que le tourisme est une affaire d’éducation. Les touristes vont à l’endroit qu’on leur indique. Tous ces séminaristes, tous les participants à ces manifestations devraient partir de notre pays avec une petite image de notre pays. De sorte qu’ils puissent, eux-mêmes, revenir, pas pour autre un séminaire, mais pour découvrir le pays. Or, l’intérieur du pays est aujourd’hui laissé pour compte. Il est donc aujourd’hui nécessaire de relancer la promotion du tourisme en Côte d’ivoire. Surtout, la promotion des deux grandes zones que sont Korhogo et Man, qui sont riches potentialités.


Quel a été l’impact de la crise sur votre secteur ?

Nous avons subi la crise, et jusqu’à ce jour, nous continuons de la subir. Nous qui sommes propriétaires de réceptifs hôteliers homologués, habiletés à recevoir des touristes, nous ne nous en sortons pas. Nous ne voyons pas encore de touristes arriver. Nous savons que nous sortons d’une crise. Nous pensons cependant que le gouvernement peut faire la promotion du tourisme, autant au nord, à l’ouest qu’au sud. Dans ces deux premières régions citées, il s’agit de faire la promotion de la culture ivoirienne. Alors qu’au sud, il s’agit du balnéaire. Nous savons que le balnéaire est universel. Il y a de belles plages au Maroc, en Tunisie. Dans les pays européens, il ya des plages encore plus belles. Le touriste qui se  déplace ne vient donc pas pour le balnéaire. Il vient pour découvrir la culture du terroir. C’est pourquoi, nous pensons qu’il faut faire la promotion des sites qui présentent la culture du terroir.


Pour l’heure, nous avons d’énormes difficultés. Nous n’arrivons pas à payer nos factures d’eau et d’électricité. Nous sommes encore sous le coup des impayés de la crise.  Nos  hôtels étaient assiégés. Nous sommes aujourd’hui obligés de payer les arriérés de factures et les factures fraîches qui arrivent.


Nous, les réceptifs hôteliers, nous n’avons que les locaux qui viennent pour séjourner. Alors que ceux-ci sont toujours en train demander qu’on diminue le prix des  chambres. Nous ne vendons donc pas nos chambres au prix qu’il faut.


Avez-vous informé le gouvernement de ces différents problèmes ?

Nous avons une fédération. Ce que nous avons constaté sur le terrain, de façon générale, les différents secteurs s’adressent à leur ministère de tutelle. On sent qu’avec certains ministères, les choses bougent. Mais nous, nous ne sentons pas encore notre ministère (ndlr : l’interview a été réalisée avant la formation du nouveau gouvernement).


Le Ministre du Tourisme est pourtant déjà passé à Korhogo ?

Oui, il y est déjà passé. A cette occasion, je lui ai fait part de nos problèmes. Les premiers jours, après son départ, nous avons senti que les choses allaient changer. Moi-même, j’ai bénéficié d’une formation de deux mois, au frais de l’Etat, au Maroc. Mais l’Etat a payé les frais de transport. L’hébergement et autres nous revenaient. Mais c’est déjà important pour nous de nous former pour notre métier.


Quelles ont été, pour l’ensemble de votre secteur, les retombées de cette visite à Korhogo?
Au niveau local, nous n’avons pas encore bénéficié des retombées directes de cette visite à Korhogo. Rien n’a encore bougé par rapport à cette visite. Nous attendons toujours. 

Vous avez évoqué les difficultés liées à la crise. Sur le terrain quelles sont vos difficultés liées à la vie de votre secteur ?

Les difficultés, il y en a un certain nombre, surtout dans le domaine de l’hôtellerie. C’est un secteur qui a besoin d’être assaini. Par exemple, nous avons recensé 26 hôtels homologués, mais c’est plus de 80 hôtels qui sont enregistrés à la préfecture de police. Il existe de petits établissements de moins de 10 chambres, qui ne sont, en réalité, que des hôtels de passe. Ceux-ci détournent les clients en leur proposant des nuitées dans des conditions qui laissent à désirer. Ces établissements nous livrent une concurrence déloyale, puisqu’avec les passes, ils rentabilisent déjà leurs chambres. De sorte que les nuitées leur reviennent moins chères. Cela nous pénalise. Nous pensons que le secteur doit être assaini: un Motel doit être appelé un Motel, un Gîte doit être un Gîte. Au niveau des difficultés, il y a aussi l’état des routes. Certains hôtels sont difficiles d’accès. Il faut aussi retenir que la crise a dégradé le secteur. J’ai un hôtel d’une étoile. Mais la dégradation a fait que je n’ai plus cette étoile. Je suis en dessous d’une étoile. Les difficultés du secteur étaient aussi liées à la centralisation administrative. Figurez-vous qu’avant la crise, c’est Korhogo qui gérait toute la région. C’étaient donc les guides de Korhogo qui accompagnaient les touristes à Ouangolodougou, à Tengrela… Aujourd’hui, il y a des directions départementales dans chacune des régions qui dépendent encore de Korhogo. Avec cet effort de décentralisation, nous avons pensé que les choses iraient mieux pour nous. Mais depuis les élections, nous espérons, espérons … nous pensons qu’il est temps que nous bénéficions du soutien du gouvernement.


En tant que Fédération, est-ce que vous avez un droit de regard dans la vie de ces hôtels qui vous mènent une concurrence déloyale ?

Nous n’avons pas ce pouvoir. Nous ne faisons qu’informer notre ministère.


Vous reprochez au ministère de ne pas faire assez pour la promotion du tourisme. Qu’est-ce que votre fédération, elle-même, fait pour la promotion du tourisme au niveau local ?
Nous pensons à tout cela. A l’époque, il y avait le Katana festival qui, après deux éditions, a disparu. Nous avons dans nos projets un festival. Nous sommes encore au stade des démarches. La séparation des ministères de l’Artisanat et du Tourisme rend les  choses un peu plus difficiles. Mais bientôt, nous serons à même de vous parler de ce festival.

Quel message avez-vous envie de lancer aux cadres et élus de Korhogo d’une part et d’autre part au gouvernement ?

Notre message est qu’il est temps d’aider les établissements hôteliers homologués à l’intérieur du pays, où le secteur du tourisme souffre terriblement. Il y a d’énormes potentialités à faire découvrir. Si rien n’est fait dans ce domaine, toute politique de promotion sera vaine. Parce que quand les touristes, fatigués du tourisme balnéaire, vont vouloir s’orienter vers l’intérieur, l’accueil ne sera pas à la hauteur de leurs attentes. C’est difficile pour nous, parce que nous n’avons pas accès au crédit. Je suis un professionnel de l’hôtellerie. J’ai des idées, mais je n’ai pas de liquidité. Nous demandons donc au gouvernement de nous aider.


Au niveau local, c’est un appel que nous lançons aux cadres et élus pour qu’ils nous aident à promouvoir la destination Korhogo. Par exemple, il y a le "Kafow", qui est une grande cérémonie de sortie des initiés du bois sacré. Nous pouvons organiser un festival autour de ce "Kafow". De sorte que la tradition culturelle sénoufo soit au cœur du festival et du tourisme. Nous demandons que les cadres et les autorités s’impliquent davantage dans la vie de ce secteur; qui est assez porteur. Ils devront comprendre qu’il ne faut pas construire un hôtel parce qu’on a de l’argent. Il faut le faire parce que c’est une activité à forts rendements. Et pour cela, il faut confier en confier la gestion à des professionnels.


Interview réalisée par 
Renée BLASSONNY

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