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LE PRIX DES RATAGES

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LE PRIX DES RATAGES

Le 5è sommet Union africaine (UA)-Union européenne (UE) vient de s’achever. Au titre du thème principal: "investir dans la jeunesse pour un avenir meilleur", l’on retient que l’engagement a été pris de garantir un avenir meilleur aux jeunes.

Il revient désormais aux autorités ivoiriennes, en ce qui les concerne, de traduire dans les faits les promesses électorales en matière de création d’emplois. Et cela urge, tant les efforts faits en la matière restent jusque là loin des réalités du terrain. Pour une population jeune de 8 041 341 (RGPH 2014), seulement 1.770.326 emplois étaient créées entre 2015 et 2016 à travers 114 projets de développement et d’insertion. Ajouté à cela les conséquences fâcheuses des ratages du programme Désarmement, Démobilisation, Réintégration (DDR), l’on comprend aisément que les jeunes Ivoiriens ont du mal à sortir du cercle vicieux de la violence.

Il y a environ deux semaines, des jeunes partis de la Sous-préfecture de Fronan à quelques sept kilomètres de la capitale de la région du Hambôl, ont saccagé les locaux des Eaux et forêts, de la Société de développement des forêts (SODEFOR) et de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR). Pire, ils ont agressé physiquement un agent, de surcroit une femme dans le cadre de l’exercice de sa profession. Objet de leur courroux : une patrouille chargée de veiller sur la réserve la faune et la flore du Haut-Bandama a constaté, puis détruit plusieurs habitations de fortune dans cette aire protégée.

Quoique rapportée par le petit écran au JT de 20H le lendemain, l’information n’émeut toujours personne. Du moins, si l’on s’en tient à l’absence de réaction, aussi bien à travers les canaux officiels que les réseaux sociaux, tribune d’expression préférée et défouloir des Ivoiriens depuis quelque temps déjà. Ainsi donc cet acte d’incivisme posé par ces vandales est passé inaperçu! A moins que le choc provoqué par la vente aux enchères des candidats à l’émigration vers l’Europe comme des esclaves en Libye ait totalement anesthésié l’opinion nationale.

Devant le silence assourdissant de l’autorité de tutelle, en l’occurrence le Ministère des Eaux et Forêts, le Tribunal de Bouaké, dont répond la section de Katiola, est certainement en train de prendre son temps pour s’autosaisir de cet autre acte d’incivisme. N’a-t-il pas déjà agi dans ce sens en traduisant devant la Justice des jeunes qui, au mois de juillet 2016, avaient saccagé les installations de la CIE, de la SODECI, de certaines autres entreprises, et même les locaux de la Préfecture de région et de Police nationale ? Ces derniers, entendaient ainsi protester contre l’émission de deux factures dans le même mois et contre la hausse du prix de la fourniture d’électricité.

Ainsi donc, les belles performances économiques et sociales dont la Côte d’Ivoire s’enorgueillit depuis quelques années déjà n’ont pas réussi à exorciser le mal ivoirien ! L’on se souvient que le vent de l’Est qui a soufflé en 1990 a entrainé dans son sillage de graves convulsions qui ont gangréné le système éducatif, perturbé la vie sociopolitique; et même cassé la chaîne de commandement au sein de l’armée ivoirienne, dont les "Jeunes gens" feront le coup de feu de décembre 1999. La crise militaro-politique déclenchée un certain 18 septembre 2002 de triste mémoire n’était rien d’autre que le point culminant de ce coup de poignard planté dans le cœur de la mère patrie. Le mal est donc profond. Et les autorités ivoiriennes gagneraient à regarder la réalité en face, au risque de voir les efforts de redressement réduits à néant. La Côte d’Ivoire aurait alors adopté le comportement du margouillat, dont la tradition dit qu’il élève des buttes avec ses pattes pour les détruire avec sa queue.

 

Benoît TANOH

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