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QUAND LE PROF’ DE LYCÉE DEVIENT VENDEUR DE "GARBA",…

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QUAND LE PROF’ DE LYCÉE DEVIENT VENDEUR DE "GARBA",…

Il était parti pour faire des études universitaires en Sciences économiques. Deux ans durant, il a exercé comme enseignant du secondaire dans le privé; avant de se résoudre à vendre du "garba". Parcours atypique d’un père de famille.

Mercredi, 4 avril 2012. Il est un peu plus de 14 heures lorsque nous faisons notre entrée dans le "garbadrôme" d’Adou Pierre, 29 ans, ancien professeur de lycée. C’est un hangar de fortune, qui sert de lieu de restauration pour tous ceux qui affectionnent le "garba", un sous produit de l’attiéké (semoule de manioc) particulièrement prisé par les Ivoiriens, parce qu’accessible à toutes les bourses.

L’homme est assis sur une chaise noircie par l’usage, derrière une table quelque peu branlante sur laquelle sont posés un panier d’attiéké à moitié vide, un plateau contenant du poisson thon frit. A côté de Pierre, posée même le sol, une petite bouteille de gaz butane. Juste à quelque pas, deux bancs disposés l’un en face de l’autre. L’affluence ayant baissée, Pierre accepte donc de s’ouvrir à nous.

«Je suis titulaire d’un Diplôme d'études universitaires générales (Deug) en Sciences économiques obtenu à l’Université de Bouaké », nous confie Pierre, entre deux soupirs. Et, comme s’il éprouvait une certaine gêne, il jette un coup d’œil rapide autour de lui, dans le vide. Après quelques minutes, l’homme poursuit : « En 2008, j’ai commencé à enseigner les Sciences physiques dans deux établissements privés de la place. Malheureusement, les fondateurs m’ont libéré, sans me donner les raisons de leur décision». Pierre pousse un autre soupir, qui cache certainement une grande et profonde douleur. Puis, le regard perdu dans le néant, il laisse comprendre qu’étant père de deux enfants, il ne pouvait rester sans rien faire: «Je me suis alors lancé dans cette activité, pour subvenir à mes besoins et ceux de ma petite famille», ajoute Pierre.

Comme nous laissons transparaître notre compassion, notre disposition à l’écouter, prenant soin de souligner le lourd sacrifice qu’il a dû consentir pour sa famille, Pierre retrouve une certaine contenance. Il peut alors nous confier que pour le démarrage de cette nouvelle activité, il a dû débourser la somme de 50 000 F Cfa pour l’achat de deux tables, deux bancs, des assiettes et des gobelets. Quant au local, qu’il occupe, Pierre dit le louer à 5000 F Cfa mensuellement.

Aujourd’hui, c’est tout fier qu’il nous laisse entendre qu’il parvient à faire face à l’essentiel des besoins de sa petite famille. Au point où il entend prospérer dans cette activité génératrice de revenu. « Je ne me plains pas» se contente-t-il de répondre lorsqu’on lui demande s’il gagne bien sa vie. Même s’il reconnait que des difficultés comme le coût élevé du poisson thon, celui du panier d’attiéké et des ingrédients comme le piment, la tomate et le l’oignon ne lui permettent pas de réaliser une marge bénéficiaire confortable.

Toutefois, loin de se laisser décourager par difficultés conjoncturelles, Pierre est convaincu que son activité se porterait mieux s’il bénéficiait d’une aide financière de la part de bonnes volontés. Et surtout s’il parvenait à s’approvisionner en poisson directement au port autonome d’Abidjan, et s’il réussissait à s’équiper d’une grosse bouteille de gaz (B12), en lieu et place de la petite bouteille.

Pierre qui, manifestement a pris goût au commerce envisage même de diversifier son activité, en se lançant dans la vente du vin en carton, de la liqueur en sachet et des assiettes en plastique. Comme pour dire avec le sage qu’il n’y a pas de sot métier.

 

 

RAVEL Saint Evrard

Correspondant Régional

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