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Emmanuel Yao N’goran: LA DISSOLUTION DU GOUVERNEMENT ET SA RÉCOMPOSITION SONNENT LA MORT DU RHDP

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Emmanuel Yao N’goran: LA DISSOLUTION DU GOUVERNEMENT ET SA RÉCOMPOSITION SONNENT LA MORT DU RHDP

Comme promis, je partage quelques réflexions sur le remaniement de l'équipe dirigeante de notre pays intervenu pendant cette semaine. Je le fais ici, en conformité avec cette promesse. Je n'aurais pas mis ces quelques mots sur la place publique, si j'avais l'occasion de les faire parvenir aux autorités de mon pays directement.

 

Je dois, avant tout,  féliciter la nouvelle équipe gouvernementale conduite par M. Daniel Kablan Duncan et lui souhaiter bonne chance. J'exprime, ici, mon soutien au Président Alassane Ouattara, pour qui j'ai voté en novembre 2010. J'ai promis ne pas faire de critiques sur les actions du Président, pour ne pas trahir mon choix. Je m'en tiens à cela, mais je suis aussi astreint à un devoir de vérité vis-à-vis de nos dirigeants et de mes compatriotes. Mes réflexions ne sont donc pas, a priori, des critiques, mais l'expression de mon point de vue sur certains aspects de la vie publique de notre pays. Je ne voudrais pas, en effet, ravaler ma propre salive ! J'exprime ici des inquiétudes. J'espère que cela ne me vaudra pas de récriminations !

D'abord, la dissolution du gouvernement et sa recomposition sonnent, à mon avis, la mort du RHDP. Je le dis à titre personnel, sans avoir échangé avec qui que ce soit !  Si Ahoussou-Kouadio Jeannot était la pièce essentielle que le Président  Alassane Ouattara avait pour renforcer le RHPD et le conduire à la maturation du projet de réunification, son éviction et la composition d'un gouvernement l'excluant et sans consultation avec le MFA s'analysent comme l'oubli des engagements pris sur la tombe d'Houphouët-Boigny en novembre 2010 ou l'intention de s'en passer.

Il y avait déjà des signes d'un manque de confiance parmi les membres de l'Alliance. On l'a vu avec le partage du pouvoir et surtout les consultations électorales pour les législatives.  Cela est exacerbé aujourd'hui par cette crise qu'on pouvait éviter, si on se tenait, du côté de la présidence, à équidistance des appareils politiques que sont les partis politiques et leurs chicanes. Dans une alliance, ce qui fait mouvoir les éléments constitutifs est la confiance. Mais, la confiance est difficile à maintenir, devant les appétits de pouvoir et les intrigues que cela suscite. C'est pourquoi j'avais, avec d'autres, prôné la réunification dès juin 2011. Lorsqu'on rompt la confiance, on œuvre à la désunion.

Ici, il n'est point question de pesanteurs d'un système de clientélisme à référents ou variables ethniques. Du reste, on ne saurait récuser le poids des alliances et des pactes entre groupes humains, dans la gestion politique des pays africains. Si on se réfère à ces structures et leurs ressources pour se rallier un électorat, on ne saurait les répudier dans la gestion du pouvoir !  La quête de l'excellence et la recherche de l'équilibre parmi les composantes humaines d'un pays ne sont pas mutuellement exclusives ! On aurait souhaité qu'en plus des régions nord du pays, le Président Alassane Ouattara se construise une base beaucoup plus élargie, en appoint de Dimbokro, sa région de naissance, et Yamoussoukro, en reconnaissance à son mentor, Félix Houphouët-Boigny, mais sans se limiter à cela et se fermer aux autres regions du pays. En devenant le Président de tous les Ivoiriens, il avait besoin essentiellement  de mettre sa base d'origine sur le même pied d'égalité que les autres.  Allah N'guessan est l'arbre iroko dont les racines doivent atteindre toutes les régions, tous les terroirs et les contrées de la Côte d'Ivoire. C'est cela l'élan de rassemblement, selon les principes définis et appliqués par Felix Houphouët-Boigny.

La région centre de notre pays, avec la région nord, a joué un rôle essentiel dans l'élection du Président Alassane Ouattara. Le dire n'est pas faire preuve de surenchère, mais d'expression de la vérité !  Le pacte signé sur la tombe de Félix Houphouët-Boigny comporte aussi le terroir de Didievi et de Sakassou, comme sanctuaire d'une tradition de tolérance, de partage et d'ouverture dont Houphouët-Boigny était lui-même un symbole. C'est, justement, de Didievi, de Glo Yaokro, que le père du Président Félix Houphouët-Boigny,  N'doly Houphouët, était venu, pour créer une symbiose avec Kokumbo et Kimoukro, dont l'origine et le prolongement sont Yamoussoukro, dans un mouvement de flux et reflux. C'est tout cela qu'exprime Yamoussoukro, sa symbolique, son histoire et son esprit.

En votant pour Alassane Ouattara en novembre 2010, toutes les régions du centre de la Côte d'Ivoire ont renoué avec l'esprit Félix Houphouët-Boigny. Cet esprit d'empathie, de candeur et de résilience n'a-t-il pas été floué, humilié et agressé avec la manière dont Ahoussou-Kouadio Jeannot a été congédié, en sa qualité de haut cadre de ces régions ? Qu'on le veuille ou pas, Ahoussou-Kouadio Jeannot, sans le vouloir, porte le flambeau de Félix Houphouët-Boigny, avec son tempérament de patience, de tolérance et de candeur, mais surtout d'écoute, d'humilité et de générosité.

Nul ne dit qu'il faut nécessairement Ahoussou-Kouadio Jeannot ou un Baoulé pour occuper le poste de Premier Ministre de Côte d'Ivoire. D'ailleurs, Ahoussou-Kouadio Jeannot est le président d'une association de cadres du Grand Centre, qui inclut des régions hors de l'espace baoulé. Stigmatiser l'appartenance à une ethnie, que ce soit en bien ou en mal, dans l'espace public de notre pays, pourrait ouvrir d'autres plaies, dans l'état actuel  de recréation de l'harmonie brisée de notre commune Maison Ivoire.

Pourquoi créer les conditions d'une dissension au sein de l'Alliance des Houphouëtistes, lorsque les partisans de Laurent Gbagbo, pour l'essentiel, se dressent toujours contre la dynamique de rassemblement, en vue d'œuvrer à la réconciliation ? Jeannot Ahoussou-Kouadio n'a pas composé de gouvernement ; de plus, la plupart des membres du gouvernement ayant travaillé avec lui ont été maintenus. Qu'est-ce qu'on lui reprochait ? En quoi, en huit mois, s'est-il illustré en termes d'incompétence ? Pourquoi des problèmes, s'il y en avait, ne pouvaient pas se traiter en famille, avec la sagesse de notre terroir ?

Cette crise et son dénouement ne sont pas, à mon avis, de nature à susciter la quiétude parmi nous tous qui avons accordé notre suffrage au Président Alassane Ouattara. Pour beaucoup, cela se donne comme la définition d'un casting pour la succession du Président, en 2020.  En choisissant M. Duncan au detriment de M. Ahoussou-Kouadio, on donne l'impression de baliser la voie pour M. Soro. Si ceci était le schéma caressé, ce serait dommage pour notre pays, tant il a été rongé par des enjeux d'ambitions politiques, qui ont contribué à la crise que nous avons de la peine à clore.

On aurait espéré voir le Président Alassane Ouattara composer un gouvernement de technocrates, avec de nouveaux visages. On aurait aimé observer une présence massive de membres de la société civile, avec des cadres des régions ouest, centre-ouest. On revient à des hommes et femmes qui, bien que jeunes pour l'essentiel, ont une longue expérience gouvernementale et dont le maintient au gouvernement ne peut susciter un momentum, en ce qui concerne la variation de l'opinion publique de notre pays. Il y a certains qui ont servi du temps de Laurent Gbagbo, et qui, bien que jeunes d'âge, sont vieux en politique. Du vieux, on veut faire du neuf!

Emmanuel Yao Ngoran

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New York, 24 novembre 2012

 

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