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Ralph ABUHO: L’IMPORTATION DE RIZ, QUEL SCANDALE, QUELLE ABERRATION !

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Ralph ABUHO: L’IMPORTATION DE RIZ, QUEL SCANDALE, QUELLE ABERRATION !

La Côte d’Ivoire a la possibilité de produire sur son sol la quantité de riz nécessaire à la couverture de ses besoins. Mais elle est réduite, depuis plusieurs décennies, à faire venir la précieuse céréale de l’extérieur pour satisfaire la demande sans cesse croissante. Des années 90 aujourd’hui, la demande a plus que doublé, passant de 650 000 tonnes à 1 600 0000 tonnes. La facture, elle, est devenue plus qu’amère. Elle est passée 30 ou 35 milliards à 300 milliards, dans la même période de 20 ou 22 ans. En témoigne cet article, un éditorial, que nous avons tiré d’une revue spécialisée, « Côte d’Ivoire Agricole », éditée, à l’époque, par la Délégation Sud de la Chambre d’Agriculture de Côte d’Ivoire. Avec l’aimable autorisation du représentant de l’éditeur.

La situation que vit la Côte d’Ivoire depuis des années, pour son approvisionnement en riz, est à la limite du scandale. Un scandale politico-économique qui ne dit pas son nom.

Voilà un pays qui a tout ce qu’il faut, tant au niveau des conditions éco-climatiques que des moyens des moyens techniques et humains, pour s’auto-suffire en riz, mais qui, paradoxalement, est réduit à tendre la main à l’extérieur pour couvrir ses besoins. Ceux-ci tournent autour de 650 000 tonnes de riz blanchi. Et l’on pense qu’ils franchiront le cap du million de tonnes d’ici à l’horizon 2000, c’est-à-dire dans les toutes prochaines années.

La production locale n’excède guère actuellement 300 000 tonnes. C’est entre 300 000 et 350 000 tonnes de riz (avec des pointes pouvant aller jusqu’à 400 000 tonnes) que le pays importe d’une année à l’autre pour combler son déficit. Le prix à payer pour cette dépendance est lourd : 30 à 35 milliards par an jusqu’à fin 1993.

Depuis le changement de parité du francs CFA, la facture n’a pu que doubler, littéralement. Et si rien n’est fait pour briser au plus vite cette spirale vicieuse de la dépendance qui nous entraine par notre propre faute, c’est 120 milliards, peut-être plus, que notre pays devra débourser à partir de l’année 2000, pour assurer son approvisionnement en riz ; cette céréale s’étant finalement imposée comme la principale composante de l’alimentation des populations ivoiriennes.

Mais nous pensons et croyons, en notre fort intérieur, que le pays, sous l’ère Bédié, ne fera pas un pas de plus dans cette forme de dépendance qui, à terme, peut contrarier, d’une certaine manière, voire d’une manière certaine, notre amour propre d’Ivoirien.

Et il n’y a pas mille et une solutions, pour inverser la tendance. Il suffit que notre pays se donne les moyens et la volonté de soutenir les producteurs locaux, en prenant en charge les grands aménagements, et en leur consentant des prix qui soient des plus incitatifs. Il s’agira aussi et surtout, pour la puissance publique, d’aller jusqu’au bout de la logique de l’effort à consentir en faveur du paysan ivoirien, en réduisant à sa plus simple expression, la concurrence sauvage que le riz importé fait subir au riz local, sur son propre terrain.

Les pays de l’hémisphère nord procèdent de cette manière pour protéger leurs paysans et promouvoir leurs productions locales. La Côte d’Ivoire gagnerait à suivre leurs traces, leur exemple, comme elle l’a, du reste, fait dans d’autres domaines.

 

 

Ralph ABUHO

In CÔTE D’IVOIRE AGRICOLE

No 2, avril 1996, P 3

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